28 novembre 2008
Piège pour ceux qui ne veulent pas dormir
Saisir
Saisir quand tout me quitte,
Et avec quelles mains
Saisir cette pensée,
Et avec quelles mains
Saisir enfin le jour
Par la peau de son cou,
Le tenir remuant
Comme un lièvre vivant ?
Vient sommeil, aide-moi,
Tu saisiras pour moi
Ce que je n'ai pu prendre,
Sommeil aux mains plus grandes.
Jules Supervielle Le forçat innocent
18 novembre 2008
Un corps en souvenir
Des cheveux blonds dans la mémoire
Aiguisent mes sens
Un lit en guise de boudoir
Avive l'aisance
Que j'avais autrefois
Entre coeur et raison
A parler à la femme que la foi
Invite à l'oraison
Bien loin de la moraline
Que Bossuet vomissait
Comme une douce praline
Où la volonté palissait
Nous disons les mots
Au bord de la bouche
Et les langues en écho
Silencieusement se touchent.
17 novembre 2008
Un bout de poème en guise de journal
Des yeux au bord de l'abime
Désigne le coeur de l'homme
A l'envers de la fortune
A rebours du temps
Le jour s'éveille
Au coucher du soleil
Et rien ne m'égaye
Sinon les murs cercueils
De ma vie paraffine.
01 novembre 2008
Dérapage quantique
Ce n’est pas très important au fond tous ces bruits qui nous entourent, qui font comme si nous n’étions pas là. On a beau manigancer les regard, loucher de la bouche, il n’y a rien à faire. Lorsqu’on a dit une fois que vous n’existez pas, il est impossible de revenir en arrière. Honte de reconnaître que l’on s’est peut-être trompé après tout. Mais même cela n’est pas très important. On se noie si facilement dans ces graphèmes qui couvrent le blanc, on se sent si bien dans ses propres pensées. Ce n’est même pas de l’orgueil, c’est juste qu’ici, enfin là, on est comme chez soi, l’on a besoin, enfin je crois, de revenir un peu, de temps en temps, à soi quand tout le dehors vous semble indifférent. Cela ne fait même pas plaisir au fond, il n’y a aucun contentement à tirer de cet isolement. Je dois même dire que cela gène beaucoup, enfin de moins en moins, quand le dehors est si proche de soi, quand autrui est à quelques pas du cœur. Cela brûle un peu, mais peu importe, il faut bien cela. C’est comme un sacrifice à soi-même. Et pourtant on ne s’adore pas. On se déteste même le plus souvent. Le plus souvent, c’est une étrangeté, comme si le dehors emplissait tout le dedans et que soi, et bien soi se répandait baveusement à l’extérieur, ou bien soi n’était plus rien, juste une goutte d’eau, une voix parmi d’autres, un corps incrusté dans l’espace. Et, malheureusement, on ne croit pas assez à Spinoza ou Descartes, nous ne sommes pas une substance irremplaçable, enfin, comment dit-on, notre place, l’espace pris par notre corps n’est pas impénétrable au moment même où nous l’occupant. L’âme est un quark et le corps un photon.
Factoriel UNdescent
Une de mes bêtes théories d’ignorant :
Voilà que je comprends pourquoi 0! = 1. Ça m’a sauté au yeux, comme ça. Combien de fois peut-on permuter l’ensemble des éléments du vide ? Au départ j’ai dit : une infinité de fois. Mais c’était sans réfléchir. Puis j’ai dit : une infinité de fois ou alors une seule fois. Mais là non plus je n’avais pas réfléchi. C’est alors que j’ai compris.
Quel est le but de la permutation ? Changer de place les éléments. Or les éléments constituant le vide étant indifférents les uns par rapport au autres, peu importe le changement de place, peu importe leur disposition d’origine, cela aboutira au même, il n’y aura pas de permutation. Cela nous amène à croire qu’aucune permutation n’étant possible, ou plutôt que l’effet de toute permutation étant nul, il n’y a pas de permutation : 0! = 0.
Or c’est là où je me trompais lourdement. Si l’on suppose que le vide existe, la disposition première de ses éléments est elle-même l’aboutissement d’une permutation dont nous ne chercherons pas l’origine pour l’instant. Voilà donc la solution. 0! = 1.
Une définition du vide serait nécessaire pour confirmer ou infirmer tout cela.
N.B. Le point d'exclamation est le signe mathématique pour "factoriel"
Le destin, c'est le libre arbitre
Je pense et ne pense pas en même temps. Juste une envie d’ouvrir le cœur à satiété. C’est comme ouvrir un tombeau au fond, parce que tout est pourri là-dedans. Oh non, je suis modeste. L’orgueil, je vous le rends, je n’en veux pas de votre orgueil. Tout est sens dessus dessous dans ma tête, alors comment voulez-vous que cela soit à l’endroit sur le papier. Je m’en rends compte bien sûr, mais cela ne change rien du tout. Un névrotique se sachant névrotique est-il en meilleur état qu’un psychotique ne se sachant pas psychotique ? Vous me direz que le premier peut être convaincu de guérir. Quelle blague ! N’avez-vous donc jamais lu de tragédies ? Ne connaissez-vous pas les religions germaniques ? Peu importe qu’on sache ou pas ce qui nous attend, cela n’influera en aucun cas sur le but. Ce qui doit se passer se passera. Ce que nous pouvons changer, c’est notre point de vue sur la route. Soit on la prend en pleurant, en essayant vainement de croire qu’une autre route nous attend au bout du chemin ou alors on la prend d’un pas décidé et on en devient fier comme le germanique ! Nietzsche avait bien raison au fond. Nos lois sont stupides. Nos lois sont viles et puériles. Elles ne sont pas à l’image de la femme, Nietzsche avait tort aussi. La femme n’est pas faible. La femme est un homme. Les attributs virils ont un mauvais qualificatif.
