16 février 2009
Petit acte en 4 scènes dont une manquante
Une idée jetée sur le papier qui peut devenir une nouvelle. Une idée, rien de plus, vague, improbable, ouverte.
Scène 1 :
Derrière la porte on n'entend rien. Pas même le souffle du dormeur. La nuit, partout, a endormi les corps. Le jour, bientôt, viendra peut-être libérer l'angoisse. Mais il n'y a que cela, ici, le noir et ce silence étrange en plein milieu de la ville.
Les paupières tremblent par-dessus l'oeil. Le coeur bat un tout petit peu plus vide que d'habitude. La main cogne le bois quand elle veut atteindre le cuivre. La fatigue bouscule les sens et retient le corps ou le pousse à contretemps. Les jambes, immobiles, réfrènent péniblement leur désir d'aller droit devant et s'affaler lourdement.
Les doigts accrochent enfin la poignée de cuivre et la tournent. La porte craque, s'échappe et les pieds, impatients, la suivent.
Scène 2 :
Une fenêtre, droit devant, écarte l'espace. Les pupilles rétrécissent derrière les paupières toujours tremblantes. Le corps avance, tout droit, comme une colonne de pierre tandis que les pieds, comme pris dans l'inertie de leur désir, s'accrochent loin derrière sur le parquet de bois rugueux.
Le vent, silencieux, caresse la peau nue. Le corps cogne contre un montant de lit. Le corps se casse en deux, deux bras jaillissent des épaules, deux mains jaillissent des bras et empoignent un autre corps, un minuscule petit corps perdu au milieu des draps.
Le minuscule petit corps pend entre les doigts qui le mènent jusque vers la fenêtre, le tendent à la nuit et le lâchent.
Scène 3 :
"très importante, donc pas encore pensée."
Scène 4 :
Un verre est là, tout près de la bouche. Le cou entre les doigts, il serre le coeur qui ne peut s'empêcher de palpiter. Des bulles résonnent comme au fond d'un vase de cuivre. Le son s'éparpille entre les oreilles et les yeux, les unes s'ouvrent tandis que les autres se ferment. Le son s'éparpille et vient casser les unes pour effondrer les autres.
Les doigts se desserrent tandis que le bras s'abaissent, le coeur fuit et le verre se casse.
Un doigt se lève, un autre verre arrive, c'était la fin, et tout recommence.
14 février 2009
Pour les amoureux qui se lèveront tôt, demain
Entre ironie socratique et authenticité du même type !
09 février 2009
Altermondialisme
L'eau circule dans les caniveaux
Des clous blancs protègent les passants
Un tapis noir supporte les roulants
Et par monts et par vaux
L'eau monte et descend
L'homme honte et décent
En apesanteur évanescent
De la terre de l'univers est le sang
Quelque part ailleurs
La vie va comme elle veut
Des racines à la fleur
De la semence au coup de pieu
Il n'y a ni perdants ni gagnants
Il n'y a que des vivants.
Appolon ajambiste
Il boitait sur la chaise
Qui lui servait de lit
Et trônait au soleil
Qui négligeait la nuit
Du revers de la main
Il épuisa des mouches
Qui trônait à son front
En de multiples couches
A l'abri d'un chapeau
Que ruinait la vermine
Il s'élançait au loin
Le coeur comme un insigne
Levé très loin très haut
Verbalisant l'espace
Où s'incarnait
L'instant d'une fugue
Une aube à peine née
Que retenait la nuit.
