Pensées en bric à vrac

Des pensées écloses au sein de la nuit. Quelques poèmes épars. Un soupçon de philosophie et de littérature pour éclairer l'âme. Juste un terrien qui se donne à voir et à penser.

30 septembre 2009

Rêve

Un petit bonhomme à côté de moi me raconte les nuages qui s'en vont et le vent toujours derrière eux qui leur dit : « allez vous-en », qui leur dit : « revenez donc ». L'herbe me chatouille le corps à travers ma robe de coton. Je suis bien, là, seule. Je l'écoute les yeux fermés et je le sens qui bat dans mon ventre. Il n'est pas très malin, sa main est maladroite, mais sa voix quand elle vient jusqu'à moi, me berce comme un chat qui ronronne. Il me dit n'importe quoi, la chimie du ciel, le violet qui me fait noire, les étoiles derrière qui tracent nos chemins. Je l'écoute simplement, mais ses mots sont muets, ils ne disent rien.

Ce n'est que les yeux ouverts, quand je sens son regard scruter mes lèvres, quand je sens qu'il écoute ma respiration pour y déceler un semblant d'attention que je l'entends vraiment, que je le vois vraiment, que je me sens moins seule. Il me dit : « écoute, écoute, écoute, écoute ». Alors je l'écoute, je l'écoute, je l'écoute, je l'écoute, et c'est à ce moment là qu'il se remet à parler, lentement, toujours lentement, si lentement que le sommeil me prend. Mes paupières tombent sur lui, je l'emporte dans mes rêves et là, ensemble, il se tait.

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29 septembre 2009

Tonalités relatives

Nous sommes sur la même longueur d'onde, Beauté noire. Moi dans la mineur et toi dans la majeur. La disharmonie diraient certains. Et pourtant même Schönberg, le grand perturbateur, n'a pas supprimé le mode en supprimant le ton. Nous sommes des tonalités relatives, nous nous répondons l'un à l'autre comme le soleil à la lune.

Pas des tonalités homonymes par contre. Je cherche rarement en l'autre ce que j'ai déjà en moi. C'est une faiblesse qui m'arrive, bien sûr, mais il faut alors que je doute vraiment de mon existence. Dans ces moments-là je cherche l'autre comme un miroir qui me dirait : oui, c'est bien toi en face, tu es en l'autre, donc tu es aussi en toi. Cela dit, une fois passé le stade du manque, une fois passée l'extase narcissique, on s'ennuie terriblement. Certains s'y font, moi pas. Trop gamin sans doute, trop à la recherche de ce que je ne suis pas encore devenu.

Le « carpe diem », en ce sens, ne sera jamais mon paradis. Rien ne me fascinera jamais tant qu'un fleuve qui coule. Et je coule avec lui. Je charrie bien des choses, mais rien ne s'attache vraiment à moi. En fait, seul ce qui me fait moi, ce qui est véritable, authentique s'accroche. La mémoire de l'eau, l'âme que personne n'a prouvé mais à laquelle je ne peux m'empêcher de croire.

Cette âme, c'est tout ce que je peux donner sincèrement à entendre et à toucher. Voilà une des raisons qui me poussent à la vouloir la plus pure possible. Pas la plus vierge, pas la plus morale, pas la plus conciliante, pas la plus acceptable, pas la plus sociable, et encore moins la plus constante (la fidélité n'est vraie que si l'envie est toujours présente, si l'envie s'en va, la fidélité est un mensonge pathétique qui nuit à l'un comme à l'autre).

Non, la pureté n'est pas lisse et diaphane. Il est loin le temps où l'on pouvait être en extase devant des poèmes à la Ronsard ou à la Charles Cros (Chanson de route Arya du Coffret de santal est simplement détestable si elle est écrite au premier degré), où la beauté était blonde, la pureté blanche, la douceur signe de bonté. Non la pureté n'est pas cela. Elle est rugueuse, sauvage, pleine de désirs et de passions, comme la nature.

Que dit-on quand on veut rendre lisse et « propre » quelque chose ? Apurer ! A privatif, priver de pureté. Facile, je sais ! Trop facile de jouer avec le faux sens des mots. Mais bon, le lexis a parfois droit de cité dans la construction de la vérité.

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28 septembre 2009

au bord de la vie je rêve...

Bon, on va passer à des choses plus ouvertes. J'ail l'impression qu'on bavarde dans un salon, là.
Il faut te remuer toi aussi !!!

Des morceaux de bravoure entre les dents écorchent le corps des passants
je danse fière et sobre parmi elles, parmi eux
si vides et si indifférents

Un coquelicot s'ouvre entre mes reins qui s'épuisent
et je danse toujours jusqu'au matin
dans les boîtes de nuits

Je rêve quand le jour m'apperçois dodelinante
au bord de la vie je rêve...

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Je t'aime donc j'ai besoin de toi

Être nécessaire, mon pauvre.
Je ne t'aime pas parce je te suis nécessaire, je t'aime parce tu m'es nécessaire.
L'amour est ce qu'il y a de plus égoiste, et tu le sais. Mais toi, tu n'es pas égoiste, alors tu n'es pas amoureux.
Tu places l'amitié si haut qu'il n'y a plus de place pour rien autour.
J'ai compris cela...

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Exister pour être

J'aime comme la vie coule s'écoule de par tous les sens, mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui la vie coule moins vite, ou tout simplement qu'elle ne coule plus. Comme un lac, c'est juste la lumière qui court dessus qui la rend mouvante en image.

La vie, en un sens, ne me passionne plus. Je ne sais pas si elle m'a un jour passionné. Étrange impression de devenir vieux, lucide, cynique.

L'arbre n'est rien sans ses racines mais elles ne l'empêchent pas de brûler lorsque la foudre lui tombe dessus. Les racines que j'ai au fonds de moi peuvent me protéger de moi-même, mais elles n'ont aucun effet sur les agressions extérieures.

Je me sens las au fonds, fatigué de vivre cette vie sans attache avec autrui, sans vrai rapport avec autrui, je veux dire. Bien sûr, une poignée de personnes m'offrent ce rapport. Mais, une personne manque et tout le reste est balayé.

Je me sens seul, c'est tout. Et, cependant, Dieu sait que j'aime être seul. Il me faudrait une de ces expérience de la quatrième dimension pour en être sûr.

C'est de ma faute, certainement, je ne vais pas assez vers les autres. J'y suis tellement allé que j'ai fini, à la longue, par m'en lasser. Le pire est que je ne m'en sens pas très affligé. Je crois qu'avec le temps, à la douleur puis à l'ennui a succédé un vague sentiment qui ressemble à l'indifférence mais qui en diffère par ce besoin toujours présent de tendre la main même s'il ne me reste plus qu'un moignon.

En fait, la vie ne coule plus dans aucun sens. Elle se vide simplement d'elle-même, de jour en jour plus sèche, de jour en jour plus plate, de jour en jour plus insipide. Et je continue tout de même à la vivre avec ses douloureux réveils qui ne servent à rien et ses douloureux couchers qui tardent tant à venir.

Je ne sais pourquoi je dis cela à des oreilles sans bouche. C'est plus facile, sûrement. Juste un exutoire, je pisse comme je pleure dirait Brel. Faute de savoir pleurer, je pisse, voilà tout.

Je veux tellement être fort, tranquille, sage pour que mon bras ne tremble pas devant l'angoisse des autres. Mais il arrive un moment où le bras tremble quand même, que l'inquiétude devant un ami malade fasse resurgir la plus grande des craintes : je ne peux rien faire, je le veux, mais je ne peux pas. Je ne fais jamais semblant, mais parfois, certaines de mes convictions les plus profondes cachent la plus douloureuse incertitude. Je suis las de tout savoir, de le faire croire du moins. Je suis las de cette feinte devant la vie, ce léger haussement d'épaule en réaction à l'absurdité de la réalité. Je ne veux jouer aucun rôle sinon le mien.

Je ne sais pas si c'est le cas de tous ceux qui ont échoué, mais je crois qu'en deçà de la réussite morale, l'homme n'a aucune raison de vivre ici-bas. Je suis socialiste avec le corps et impitoyablement républicain avec l'âme. Dans le monde métaphysique, en cette volonté d'Être qui nous anime, je n'ai pas pitié de ma faiblesse, de mes handicapes, je me crache dessus avec plaisir si cela fait pétiller un instant ma volonté d'être meilleur. Le problème est qu'il faut exister pour être. Et lorsqu'on se rend compte de cela, on ne peut rien pardonner à ses échecs, aussi futile soit la réussite.

On a besoin d'exister pour être, je veux dire par là qu'il faut réussir à convaincre l'autre que nous sommes nécessaires pour devenir soi. Être de trop, gêner, c'est la pire des choses qui soit. J'aurais beau me dire, je suis comme je suis, je suis fait comme ça, ça reste juste une chanson de la merveilleuse Juliette Gréco, une chanson, une simple chanson.

Je suis artiste, je n'ai aucun doute à ce sujet. Voilà tout ce qui me maintient vraiment en vie. La poésie, la littérature est sans doute le seul moyen pour moi de relever le défi, de transformer ce qui est « en trop », en quelque chose qui a sa place. Exister pour ensuite Être.

L'espoir fait vivre, dit-on. L'espoir me dit que je pourrais vivre « vraiment » avec quelqu'un un jour. Je veux dire vivre socialement avec quelqu'un, lui parler, me comporter « normalement » (je mets des guillemets quand je sens profondément qu'elles sont inutiles) avec lui. Mes absences, cependant, seront toujours là, mes silences seront trop lourds et je ne saurais si je fais du bien ou si je ferais mieux de partir.

Peu de gens m'intéressent ! On peut me traiter de misanthrope, je m'en fous. Je suis exigeant, mais pas comme on pourrait parfois comprendre l'exigence. La morale est ce qu'elle est, chacun se fabrique la sienne en puisant ici et là des valeurs qui lui tiennent à cœur. L'important reste le respect de l'autre quel qu'il soit. Ce n'est jamais l'autre qu'on rejette, mais toujours ses principes qui nous peuvent sembler intolérables. L'autre, c'est moi, avec un autre vécu, une autre culture, etc. Si je décide que je vaux quelque chose, alors l'autre aussi, c'est aussi simple que ça. Et tant que je ne me suicide pas, alors je vaux quelque chose. Ceux qui ont lu Camus savent qu'on peut se suicider pour défendre l'idée qu'on vaut quelque chose, mais ce n'est pas de ça que je parle.

Peu de gens m'intéressent ! La poignée de personnes dont j'ai parlé et cette autre, au-dessus de tout. Je suis exigeant envers elle plus que je ne le serais jamais pour moi. Mais il ne s'agit pas d'une exigence close, une interdiction, au contraire, je veux sa liberté totale. Encore faut-il que je sache qui elle est à 100% pour savoir ce qui la rend libre ou l'enferme, ce qu'elle choisit d'être et ce qu'elle se contraint d'être. On ne sait que très peu de chose des autres, aussi intéressants, aussi proches soient-ils de notre âme, mais il est des signes qui révèlent l'évidence. J'ai trop été contraint pour ne pas le savoir.

Bizarre ! Je voulais parler de moi et je parle des autres. Comme quoi, l'indifférence est un leurre. C'est bien, cela me réconforte, mais cela ne fait que donner le top départ, il faut pousser le véhicule maintenant. Être nécessaire ou ne pas être. C'est aussi simple que ça. Reste à faire le nécessaire.

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27 septembre 2009

L'amitié homme femme

J'ai du mal à m'endormir ce soir.
Entre les collègues du lycée qui rabachent les mêmes demandes de changement et qui vont se cacher dans les jupes de leur mômans quand il s'agit d'agir et ceux qui parlent de service public et donneraient tout pour avoir le salaire du privé (sans les risques, cela va de soi), j'en ai ma tasse.
Ta vie pas compliquée est l'idéale, mon mignon, mais c'est loin d'être la réalité. Je voudrais avoir une vie tranquille, pépère, pas trop quand même. Des enfants qui courent en bas du bloc, des projets matériels aussi, désolé, mais je suis plus réelle que toi. Bien que, parfois, je me demande si tu ne te forces pas à être irréel, pour échapper  à la pesanteur du quotidien.
Enfin, ce n'est pas le sujet.
J'aurais voulu parler d'un truc assez éculé, un problème vieux comme le monde. L'amitié entre homme et femme. Entre nous, c'est résolu. Elle existe. Mais une confirmation ne veut pas dire que la théorie est bonne. Tu te souviens, ton truc scientifique, l'exception confirme la règle qui ne serait bonne que pour la grammaire.
Je ne suis pas très au fait de ces choses, et je m'en balance. Ce que je sais, je le sais par expérience : les vieux chaudrons font les meilleurs potions.
L'amitié homme femme, donc, c'est pas une sinécure. Je me demande même si ce n'est pas le plus souvent, un amour raté qui essaierait de se reconvertir. Mais bon c'est vrai qu'avec toi, c'est pas facile. Je ne veux pas dire que tu es compliqué, mais tu as une manière de voir qui m'étonne toujours. Je ne comprends pas toujours ton ouverture. Tu es un intégriste renversé. On dirait que tout est possible pour toi et ça, je ne peux pas.
Je me dis souvent : il a trop lu de livre, il cherche trop autour de lui une vision universelle qui n'existe pas ou que les gens ne sont pas prêt d'accepter. Je ne comprends pas, franchement, je ne comprends pas.
La vie est compliquée parce qu'elle se situe à deux pas de chez soi. Bien sûr si tu t'en éloignes de millions de kilomètres, elle est simple.
Je suis pire que toi, je crois, pour ce qui est des digressions. L'amitié homme femme. Attends ! j'y reviens. Je crois qu'elle est parfaitement plausible pour toi. Je te connais assez pour savoir que tu la préfères à l'amour, ce lieu commun comme tu dis. Je sais aussi que ce n'est qu'une façade. Mais bon...
L'amitié d'abord, et si l'amour vient, on fait avec. Après tout, si tu penses comme ça, si tu vis comme ça, alors, avec toi l'amitié homme femme ne pose aucun problème. Mais je ne le ressens pas pareil. Et je me demande si aucune femme le ressens comme ça. A moins d'une différence d'age, ou si l'un et l'autre sont pris dans une histoire d'amour.
Compliquée, vraiment compliquée la vie. Le temps seul peut dire si ce genre d'amitié est vraie ou n'est qu'une façade. Mais l'un ou l'autre ne laisse pas toujours le temps faire son oeuvre.
Je te souhaite bien du bonheur mon mignon.
J'ai tout à coup envie de dormir...

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26 septembre 2009

Un chien d'ici

Crevé le crâne, sucée la cervelle. Le vent passe à travers les méninges. Le coeur est à sec, bien pire que celui de Lafcadio.
Le bonheur était là, à portée de doigts, et je l'ai pressé comme un citron.
J'ai tant souhaité revivre les notes de musique d'autrefois que j'ai tout enfermé, tout bousculé, juste les mains sur ses oreilles et les miennes toutes entières dans mes yeux.
Juste cela, un mur en guise de repos et la folie qui n'arrive plus à s'exprimer.
Le soleil, jaune de poussière, danse tout autour de moi. Il me fait des clins d'oeil, il m'aveugle et puis repart.
La lune est là, paresse indolente, indifférente au regain, indifférente à l'hiver qui vient.
Crevé le crâne, langue pendante, coupée au milieu du désert.
Ni la soif, ni la faim ne me sauveront cette fois.

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25 septembre 2009

Parle...

Avec ta permission, je vais essayer de répondre à ton précédent message.
Je vois que mon poème t'a inspiré ou alors ça ressemble trop à la réalité.
Attendre, mon mignon, c'est bien, mais c'est comme l'amour, ça ne suffit pas.
Même si l'autre te rejette, il ne faut pas arrêter.
Parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle.
Si le coeur est sourd, l'âme, elle entend...
Parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle.
Pas pour toi, pas pour regagner son amitié, je suis sûre que tu ne l'as pas perdu.
Parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle, parle.
Ne laisse pas tomber...

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24 septembre 2009

Aimer n'est pas juger

Des cafards infestent mon monde. Des naturels, et des humains. Les humains sont beaux, élégants, ils savent sourire et répondre comme il faut. On est souvent tenté de leur tendre la main, les bercer au plus près de notre coeur. Les naturels sont ce qu'ils sont, grouillant, vivant, mangeant, baisant, proliférant.
Si je suis honnête avec moi-même, j'adore les vrais cafards, ils sont authentiques. Je les écrase, c'est vrai, il m'arrive même de les insecticider, mais je les respecte, ils disent ce qu'ils ont à dire, ils ne mentent pas. Ils ne cachent rien, ils n'ont pas peur du jugement des autres, de ceux qui ne les comprennent pas ou ne veulent pas les comprendre. Quand ils aiment, ils donnent tout, sans arrière pensée, sans peur ni ressentiment. Bien sûr, ils ont du souffrir, bien sûr, pas mal de leurs congénères ont du les repousser pour un plus fort, plus séduisant, etc. Mais ils ne gardent pas ce genre de blessure comme une preuve, un argument plausible qui confirmerait leur faiblesse, leur inutilité. Ils suivent toujours leurs envies, leur désir, et tant pis si l'échec est à nouveau au bout du chemin.
Et puis, je les aime aussi, parce que, malgré leur prétendue laideur, leur prétendu manque d'intelligence, ils n'en ont strictement rien à foutre de ce que pensent les autres. Ils sont libres, absolument libres. Quand ils aiment, ils donnent tout. Et si on les rejettent, ils ne vont pas chercher une excuse dans leur petitesse ou l'incompréhension de l'autre, ils se disent juste, nous sommes incompatibles aujourd'hui, demain nous ne le serons peut-être plus, mais ne pensons pas à demain, aujourd'hui seul est important.
Je conçois bien la notion de jalousie, celle d'exclusivité, mais je ne la comprends pas. Comment peut-on aimer quelqu'un et en même temps l'empêcher de s'épanouir en dehors de soi ? Croit-on à ce point que l'amour suffit ? J'ai beau être aimé, cela ne me suffit pas, et cela ne me suffira jamais. Mais bon, la question n'est pas là.
Aimer, c'est quoi, au fonds ? Je parle de l'Amour avec un grand A, pas de l'amitié. Aimer, c'est éprouver du désir pour l'autre, c'est vouloir le posséder et être possédé par lui. Mais, en dehors de cette possession, sommes-toute commune, n'y a-t-il rien ? Parce que si c'est ça, l'amour n'est ni plus ni moins qu'un roman de Virginie Despentes : "Baise-moi", j'en ai besoin, le reste importe peu.
On peut bien se cacher derrière des faux-fuyant, des idées de pureté, si on se donne entièrement, corps et âmes, alors, l'amour n'est que cela : une drogue orgasmique. Ou alors c'est la compensation pour des années de frustrations, de manque d'affectivité, de manque de reconnaissance par l'être aimé. Quand on a traversé le désert, une goutte d'eau vous sauve (ou vous tue). La question de donner son âme pour cette goutte d'eau est dérisoire, alors. On accepte tout, pourvu que l'autre réponde, et s'il ne répond pas, c'es nous qui avons tort, c'est nous qui ne donnons pas assez, jamais assez. Alors on continue à donner, à donner, à donner jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien en nous.
Et les autres, les amis, ceux qui nous aiment pour ce que nous sommes, sont des menteurs. Ils nous disent que nous valons mieux que cela, que nous pouvons être aimé sans nous sacrifier. Ils font chier avec leur présence, leur "jugement", ils ne savent rien, ils ne comprennent rien. "Un seul être vous manque, et tout est surpeuplé", c'est aussi simple que ça. Les arguments de l'amour vrai, celui qui se donne en vue du bonheur de l'autre, celui qui n'a pas peur de prendre des risques, ne trouve aucun écho dans l'âme qui s'est enfermée.
Que faire alors ? Attendre, rester là, à portée de voix, et attraper la main quand elle se tendra à nouveau ou qu'on la sentira se perdre. Mais la main arrivera-t-elle à temps ?

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22 septembre 2009

Insomnie

Dormir est insuportable. La vie revient toujours vous hanter lorsque vous ne l'avez pas vécue à fond. Quand il manque quelque chose, quand il manque quelqu'un, le sommeil est impossible. On a beau se rassurer, se dire que tout va bien, l'esprit agité continue son chemin. Tourner, tourner, c'est bon pour les hamsters (je ne sais même pas si c'est bon pour eux, ils ne tournent pas dans la nature). Ressacer le même geste fait qu'il ne fallait pas faire, revoir les mêmes mots dits qu'il ne fallait pas dire, construire de nouveaux scénari, inventer, réfléchir quand la vie est pure spontanéité : c'est normal que le sommeil me rejette, il fait partie de la vie.

Au bord de l'abîme, ma tendre acalmie
s'entassent les victimes de mon insomnie
je voudrais tant, mon amour défunt
retrouver un nouveau chemin

Mais tu n'es pas là
et l'autre que tu m'as fait redécouvrir
se terre en son jardin
de roses et d'étoiles

Au bord de l'abîme, ma tendre amie
je te tends la main toujours
toi tu le sais jusqu'à l'amour
mais elle, ma mie, ma tendre mie

Elle ne connaît que mon esprit
faut-il un corps pour être compris
je lui tiens la main aussi
advienne que pourra, le bonheur ou le malheur sont ici.

Posté par danahm à 03:55 - Echo d'âme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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