Pensées en bric à vrac

Des pensées écloses au sein de la nuit. Quelques poèmes épars. Un soupçon de philosophie et de littérature pour éclairer l'âme. Juste un terrien qui se donne à voir et à penser.

30 novembre 2009

Le délire amoureux d'un week-end haineux 5/5

41


Rimbaud se trémousse
Joyeusement en enfer
Il se délecte
De sa souffrance
Il la connait lui
Ou la croit connaître
Cette délicieuse douleur
Qui lui brûle le cœur
Moi je grille
Sur le sol enférique
Mais je ne ressens rien
De ce qu’il peint
Poing marteau écrase
Mon cerveau en confiture
Le sang gicle de partout
Mais je ne sang rien
Est-ce imaginaire ?
Je ne puis le croire
Es-tu mas lumière
Qui peut savoir ?

 


42

Un soleil au ciel
Crie sa lumière
Un soleil au ciel
Brûle en prière
Je suis qui j’étais
Un pestiféré
Le monde a décidé
D’oublier l’été
J’ai décidé
D’oublier qui j’étais
J’ai aidé
À brûler l’été
Brasier incendiaire
L’amour douleur
Devient lumière
Si tu vois ma couleur

43

 

Le remords retord
En doux désaccords
Mes fainéants efforts
À la mort

 

La mort remords
À cet hideux houx de corps
Mon néant sort
À la mort

44

 

 

 

J’aime
Est-ce si difficile à croire
J’aime
Est-ce si difficile à voir
J’aime
Est-ce si ignoble à montrer
J’aime
Est-ce si ignoble d’espérer
J’aime
Est-ce si fantastique
J’aime
Est-ce si lubrique
J’aime
Est-ce si rassurant
J’aime
Est-ce  au fond si j’aime ?

45

 

Je cours
Où cours-je
Je hais
Qu’ai-je
Rien sans doute
Qu’un misérable
Emblème de la mort
Qui repose sur mon front
Le drapeau dantesque
Brûle ma cervelle
De ses ténèbres
Chatoyantes.

46

 

Une scie frotte
Une vie trotte
Et coupe ce cloporte
Jeté à la porte
De la maison
Du doux cœur
Je croque le poison
Avec ardeur
Mais la douleur
Je ne la sens
Qu’en imaginaire
Et le sang
Coule à flot
Du cœur explosé
Du cœur matelot
Il faut oser

47

 

La page d’écriture
Que m’a donné Prévert
Je la mets aux ordures
Et je joue le pervers
Je tache de sang
Une candeur innocente
Mais je suis impuissant
Devant l’âme enflammante
Je cours je cris
Je ne veux écouter
Ce battement impie
Qui perce a percé
Ma vie de mille morts
Je hurle à la mort
Et c’est la vie qui sort
Doucement je m’endors

48

 

Un million d’étoiles
Tombent et voilent
Mes yeux qui s’envolent
En un long langoureux vol
Un million de baisers
Tombent et d’acier
Recouvrent mes ailes
Qui frappent et s’entremêlent
Un million de regards
Me couvent et je veux voir
Ton cœur battre de nouveau
Comme en ce jour si beau
Un million de marteaux
Tombent et en seaux d’eau
Réveillent l’âme
Qui s’emplit de larmes.

49

 

Quand une lettre mots
Sur des lèvres bleues
Frappa à ma porte
J’ai couru me défigurer
Et je l’ai regardée en face
Elle aussi la langue sulfurée
S’était de nouveau maquillée
L’orage cessa soudain
Mon cœur se tût
Fini l’amour qui de deux matins
Me bouleversaient le sang
La pompe s’est arrêtée
L’artère vidée
S’est cicatrisée
Mal ?
Je sais !
Mais rien dans les yeux
De la belle
Rien de merveilleux
Rien de Cybèle
Juste un adieu monsieur
Des autres âges.

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29 novembre 2009

Le délire amoureux d'un week-end haineux 4/5

31


Tâtant ta tête
De ma plume
Je te découvre
Silencieuse
M’entêtant en un je t’aime
Je délire déjà
Et je décide
Cette sotte espérance

32

 

Un cauchemar faisandé
Brûle en moi
J’ai peur
Non de la douleur
Mais du plaisir
J’aime oui j’aime
Ces images atroces
Qui me font jeter
Dans le feu de la violence
J’aime
Et j’ai peur
d’aimer
Ma tête est folle
Folle de toi
De ton image
Folle d’un soi
Sans visage

33

 

Un tesson de bouteille
Frappe à la porte
J’ouvre et m’émerveille
M’enivre sur la porte
Les bouteilles dansent
Et l’alcool en délice
Coule et la somnolence
Me frappe au supplice
L’acide remonte soudainement
Je dégorge puante
Une bête de roman
Mais je t’aime acanthe !

34

 

J’ai voulu caresser la bête
Et elle m’a saigné au cœur

 

Un bombardement de mots
Traverse mon crâne
Je veux les maux
Que subit l’âne
Comme disait le poète
« J’aime l’âne si doux »
Mais sa charge s’entête
À me rendre jaloux
Jaloux d’un poids qui succombe
Jaloux d’un poids qu’il connait
Jaloux d’une tombe
Où j’entrerai comme né
« J’aime l’âne si doux »
Et le hais tout autant
Parce que sa souffrance vaut tout
Mais ne vaut rien autant
Je souffre d’un rien
D’un imaginaire
Et la force de ce gordien
Ensanglante ma colère

35

 

Fille de feu
Nerval est amoureux
De tes cheveux
Et Baudelaire envieux
La secoue au vent
Cette chevelure
Que je ne peux
Que tacher d’ordures
Fille de feu
Le soleil joyeux
Brûle en tes yeux
Et j’en suis amoureux
Je te secoue furieusement
En le souvenir las
Et je vrais et je mens
Parce que tu es là
Fille de feu
L’enfer sourcilleux
Du haut château lépreux
Déploie son regard douloureux

36

 

Je marche dans les pas
D’un vieux conte qui rêve
Je suis j’en suis las
Mais aucune aucune trêve
Le jardin s’englue
Dans la poussière du passé
Mais je t’aime et je mue
Le souvenir en projet
Et le rêve est promu
Au statut nuagé
Les barrières du ciel
Recouvrent mon âme
Mais au-delà du fiel
Il y a la chaude larme
Que versa mon cœur au ciel
Quand une bise attisa la flamme !

37

 

Des yeux dans le ciel
Volent et je sais
Que ce sont les tiens
Des yeux dans le ciel
Voguent et je hais
Leur cœur trop plein
Des yeux dans le ciel
Voyagent et tu sais
Ce qu’ils regardent au loin
Des yeux dans le ciel
Volent ce que tu ne sais
Mon cœur en a soin
Des yeux dans le ciel
Qui voguent dans ma tête
Oublieuse de bien des biens.

38

 

Quand le matin est noir
Et que la nuit tarde
À se coucher
La lune blême
Vêtue de son seul voile
De ténèbres
Brille et son sourire
Nargue la lumière
C’est en ces temps
Que je rêve
d'Un soir
Où sans façon
Tu me prêtas
Pour un moment
Éternité
Ton sourire comme regard

39

 

Portant le regard au loin
La vitre est opaque
Pourtant le regard au loin
Il s’en vient et se plaque
À la surface de ton visage
Je rêve mais je te vois
Et cela m’est égale
Je rêve mais je te voix
À travers ces vers
Entrecoupés de mille
Miasmes morbides
Où la vie est encore !

40

Ce matin pointe ses rayons
Dans le ciel voilé
Les maisons apparaissent
Dans la nuée
Et mon visage disparaît
Pourtant
Toujours présent
Ton rêve me hante
le cœur
Des formes indécises
Se transforment
En monts boisés
Ou en villes et villages
Et mon être disparaît
Pourtant
Toujours présent

 

le cœur

 

bat bat bat bat bat bat
bat bat bat bat
bat bat
bat

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23 novembre 2009

Le délire amoureux d'un week-end haineux 3/5

21

Quand je t’ai regardé
Mes yeux dans tes yeux
Quand je t’ai regardé
Au-dessus d’un sujet sérieux
J’ai failli éclater
De rire
J’ai failli éclater
De souffrir
Des larmes invisibles
Ont recouvert mes joues
Des larmes invisibles
M’ont rendu fou
Fou de toi mon ange
Au cœur au chaud sang
Mon sang se versa
Comme dans une coupe
Mon sang se versa
Et déborda de ta coupe

22

 

Lorsque j’ai vu
Des yeux au ciel
Ce visage d’ange
Et ce sourire aux lèvres
J’ai pris la fuite
Mon cœur se battit
Mais l’esprit sournois
Étouffa d’une main
Son cri inhumain
Ce cri je le cris
Sur cette feuille sale
Je jette mes mots
Dans la boue
Parce que ton cœur
Est trop propre
Pour les recevoir
Je t’aime et c’est tout
Suis-je donc fou ?

23

 

Des cris par millions
M’envahissent
Mon cœur en sillons
Laboure le vice
Je cris au fond de l’âme
Je cris et je n’écoute
Tes reproches en flamme
Qui tombent goutte à goutte
Je t’aime le comprends-tu
Je t’aime et jamais
À te le dire je me tue
Jamais je ne te le dirai !

24

 

Le temps s’allonge
Les heures durent
Et mon mensonge
Douloureusement perdure
Je ne sais que dire
Sinon que souffrir
Ce n’est pas en martyr
Je dois me punir
Arbre folie
Grandit au cœur
Et ma vie
Je deviens songeur
Rien non rien encore
Au bout de l’horizon
Un mot et l’essor
Brûlera la prison
Mais rien encore
Aucun effort
Je m’endors
Au milieu de la mort.

25

 

Ah mais dis moi
Diable enférique
Cries-tu l’émoi
Ou un sourd sarcastique
Ah mais dis moi
Pauvre imbécile
Bats-tu l’émoi
Ou cherches-tu ces îles
Ah mais dis moi
Vampire vieillard
Suces-tu l’émoi
Ou craches-tu le dard
Ah mais dis moi
Pauvre innocent
L’aimes-tu l’émoi
Ou aimes-tu le sang
J’aime j’aime
Oublie moi
J’aime j’aime
Tu es l’émoi

26

 

Un battement funeste
Brûle mon cœur
Je cherche la peste
Je cherche la douleur
Je veux sentir le mal
Je veux le voir
Le bien est un vassal
Difficile à croire
Abats tes bras
En marteaux cruels
Sur ce doux émoi
Ta vérité en fiel
Qui sait ?
Peut-être ?
Qui sait ?
Vais-je naître ?
L’indécision brûle
Au fond de moi-même
Je suis incrédule
À ce doux je t’aime

27

 

Le soleil au loin
Comme une orange amère
Oublie ses rayons
Dans mes yeux qui brûlent
Un chant d’aurore
Transfigure le ciel
C’est un chant d’oiseau
Où la pluie est rayonnante
Une voix d’or
Éblouît mes oreilles
Je ferme les yeux
Et mon cœur bat
Un visage en lumière
Transmue le souvenir
Qui s’élève au présent
Comme un doux murmure

28

 

Je love I aime
Les deux langues
S’engluent
Et ne savent dire
Mes sentiments
Jamais le cœur
N’ouvrira ses lèvres
Et sa voix en douleur
Ne pourra que pousser
Des gargarismes sanglants
Que tu détesteras
Je t’aime et ça suffit

29

 

J’aimerais tant
Oh que j’aimerais
Triste sire que je suis
Voir tes larmes fondre
Sur mon épaule basse
Épancher mon cœur
Sur ton cœur
Épancher ma joie
Sur ton âme
Mais bon Dieu pourquoi
La douce flamme
Crapuleuse infâme
Ne brûle en même temps
En deux cœurs
Dieu je vous hais
Parce que je l’aime
Et que je vous aime
Trop

30

 

Je tape ma tête sur
Un cœur joyeux
Sans sentiments
J’écris sur le cahier
Des mots barrés
Par la sagesse
Je hurle mais rien
Rien de soudain
Ne vient chanter
À mon oreille sourde
Qui veut quand même
Chanter l’émoi
Un baiser chaud et froid
Mouille de sa larme
Mes lèvres bleues !!!

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22 novembre 2009

Le délire amoureux d'un week-end haineux 2/5

11

Mijote magote
Renfloue tes bourses
Salis emmaillote
Mais suis la course
Je suis la suie dans l’air
Et comme Apollinaire
Il faut me croire fou à lier
Et surtout pas génie à négocier
Trichez coupez
Les vers revivront toujours
S’ils ont de l’amour
Alors lisez et filez !
Merci doux amour
Ce bonsoir aux lèvres
Eveille en ce jour
En moi la fièvre
T’aimer sans doute
Te haïr sûrement
Je ris goutte à goutte
Une joyeuse plainte qui ment

 

12

deux pupilles
Dans la peau
Et la soupe rit
Comme un sot
Suffit de rien
Suffit d’un rien
Suffit de bien
Suffit d’un bien
Pour allumer soudain
Un bûcher qui s’éteint
Sous l’eau froide
De la réalité roide
N’importe-
Quoi ?
Le cloporte est
Coi
Je brûle en mes yeux
Une chaleur dantesque
Où l’enfer mystérieux
Me rend burlesque

 


13

Je représente rugueux et chaud
Un amour fol
Qui traverse comme la faux
L’âme qui s’envole
En chauve-souris
Et Dracula succombe
À tes paroles à tes ris
Véritables rayons de la tombe
La croix mystérieuse
Me pourfend les yeux
Et mon âme amoureuse
Fait ses adieux
Le sol crasseux
Fuit sous moi
Je m’élève dans tes yeux
Fol fol émoi
Mes veines s’épanchent
S’emplissent de sang
Je rêve et m’étanche
Sur ton cou sanglant

 


14

Le soleil flamboyant
Brûle mon âme
Le feu brûlant
Coule mon âme
Dans un chaudron
À sorcière
Où le diable en dragon
Brave la lumière
Je suis en prison
Je suis libre
Dans une prison poison
Qui consume la fibre
De mon cœur
Je hurle mais rien à faire
Le malicieux moqueur
Grignote et se désaltère
De mon sang en bouillon
Qui coule en torrent
Comme une grosse souillon
Laide et s’admirant

 


15

Le sang toujours le sang
Je n’en peux plus
Le vampirisme galopant
Je crois qu’il m’a plu
Je lui ai plu
Sans doute car l’artère
Gonflée s’est plue
À s’étrangler en viscère
Qui éclate soudain
Éclaboussant ton visage
De mille rayons divins
Qui surnagent les âges

 


16

Je cris des cris stridents
Et au fond de la nuit
Le raisin agace les dents
D’une amère et ténèbre fille
Je cris des cris crissant
Mais je chante aussi
À cette lune en croissant
Mon amoureux soucis
Que j’oublie
Lorsque puni
De rêves impies
Je parle à Dieu
Je t’aime et c’est bizarre
Je t’aime et le jeu
C’est moi et mon regard

 


17

Le cœur en agonie
Souffle une foi dernière
Sur ce visage ami
Une chaleur première
Les yeux se détournent
Je te vois tu me vois
Les yeux se retournent
Je suis là tu es là
Je te regarde en silence
Les mots se taisent
Je te regarde et le silence
Pèse sur les mots qui se taisent
Rien non rien de rien
Piaf saura la fin
De cette histoire sans fin
Que je parle en vain
Tu n’écouteras jamais
Ce silence abrutissant
Tu n’entendra jamais
Ce baiser languissant

 


18

Un baiser au bord des lèvres
Fouille et gratte l’âme
Démangeaison en fièvre
Me brûle de flamme
Rien non rien qu’un son
Qui s’oublie dans le vent
Rien qu’un poison
Dilué dans un torrent
De sang étouffé
Un sang noir et pourpre
Qui s’est essoufflé
Et qui en toi souffre
En somnolence
Dans un silence
Qui hait l’absence
Et rejette la présence

 


19

Je t’aime t’aime t’aime
M’entends-tu
Je sème sème sème
Me sens-tu
Si tu dis non
Crève mon cœur
Je bois le poison
Que verse ton cœur
Si tu dis oui
Crève mon âme
Je bois le poison
Que cuisine ta flamme
Si tu ne sais que dire
Crève toi-même
Et brûle le saphir
Dans tes yeux que gemme.

 


20

Partout des volcans
Ouvrent leurs gueules
Et projettent en suffocant
Leur bave qui dégueule
Pourquoi cris je ainsi
Des mots marteaux
Dionysos m’a enseveli
De vin par tonneaux
Je suis ivre
Et je m’adore
Et je me livre
En centaure
Pour qu’Hercule meurt
De ma peau lépreuse
Que brûle ton cœur
Dans la flamme amoureuse
Qui souffre et suffoque
Comme un volcan en moi
Je projette comme on invoque
Le dieu la lave sur ton visage sans émoi

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Le délire amoureux d'un week-end haineux 1/5

Ecrits entre le 26/02/1994 et le 28/02/1994
Vieux et pourtant si jeune à mon coeur.
L'amitié a dépassé l'amour à sens unique et j'en suis heureux aujourd'hui. Mais le souvenir est là, et le temps ne l'éteindra jamais...
Je vous livre ce recueil par petit bout , il faut que je retravaille certaines fautes grossières.



1

Les nerfs en suspens
Creusent le cœure cccœurs profond
Que l’âme en chœur
Brûle sauvagement
J’ai un sentiment
De plénitude
Et pourtant l’habitude
En soubresauts identiques
Chante en moi
Un doux émoi
Et moi et moi
Comme pourchassé par mille dards
Je dare-dare dramatise
Pourquoi me dira l’humain
Kveutukjensach
Me dira le fou le génie ?
Non le fou idiot réveil
Sonne veille et dort
Ké ké késkeusé ?
Esjesémoi ?

2

 

Le cœur muet s’étrangle
L’esprit sourd se tait
La langue lourde s’abat
La parole s’ébat
Fini, fini
Hoy esta aquì
Et le lendemain crève
Dans une saison mouillée
Sèche
Secondes sèches
Brûle du soleil
Mes yeux qui crient
À une voix sourde
Au milieu des éclats

3

 

Je ne sais comment
Cher ange
Oublier la mésange
Voletant par le firmament
De mes yeux
Regard et miroir
Sans le choix d’y croire
M’ont rendu amoureux
De ta chevelure blonde
De tes yeux voyageurs
Rien de nouveau au cœur
Tes griffes s’inondent
Du sang chaud
De mon âme ouverte
À toi à jamais offerte
Roi lys et l’échafaud
Mais je meurs
Avec joie
Dans tes bras
Doux cœur
AIME ses lettres prénom
PAIX soit en ton nom
À mon cœur pardon
Je le blesse pour un don
À mon cœur pardon
C’est mon dernier don
L’arracher
Le lécher
Et doucement
En tournoiement
Crier oser crier
La vérité
Et le vent parsème
Mes mille je t’aime
Qui s’implantent qui griffent
La terre et ses ifs
En arbres gigantesques
Se ploient sous le romanesque
Adieu sagesse
Adieu richesse
D’un savoir inconnu
Que j’ai voulu voir nu
Bonjour ivresse
Bonjour rudesse
À jamais unis
À jamais punis
Pour une jouissance
Qui surpasse la souffrance

4

 

Lettre à une jeune fille en fleur en pleurs

 

Le mensonge a brûlé mes rêves depuis déjà cent ans
Je ne suis qu’un misérable qui pleure
Sur la rive de l’amour
Je hais j’ai haï et je m’en veux
Aujourd’hui je viens de voir dans les cieux
Un horizon que sans doute je n’atteindrai
Qu’au prix de ma mort
Mais je la donnerais volontiers si je pouvais
Briser en un jour la mort de toute une vie
Chère douce âme pourquoi es-tu venu te plonger
Dans mon âme à jamais morte
Pourquoi doux ange es-tu venu briser en moi l’amour
Ces milliers de flèches me percent le cœur et brûlent le sang
Enfin oui enfin le sang trop longtemps contenu
Se rue dans la rue et s’épanche
En un fleuve que rien ne tarira
Merci et maudite sois tu jolie fille !
Merci et maudite sois tu jolie fille !
Non non non non non non non
Ne cherche à savoir qui est qui
Le je est un x inconnaissable
Merci et maudite sois tu fille !
Je brise mes mille regards sur ton visage
Mais je souris trop pour être sérieux
L’être est en l’être et la philo m’emmerde
Je la déteste parce qu’elle m’a ouvert les yeux
Laisse moi dormir Putain de Platon
Oublie moi comme je t’oublie
Rien à faire je suis condamné et l’alcool faisandé selon Greg
Oubli ses intestins venimeux dans ma bouche
Je t’aime oui je t’aime enfin je l’ai dit
Ce mot barbare que le temps a oublié
À Dieu maintenant de trancher la vie
L’amour est une mort dont on se délecte
Merci et maudite sois tu pour cette jouissance éternelle.

5

 

Chant chant chant chant
J’en j’en j’en j’en
Ai marre
Et marre de marre de marre
Couïc couac couoc
Encore voilà ploc !
Non mon Dieu
Je veux l’heureux
Rien rien mon vieux
Juste un souvenir frileux
Qui a peur de sa sœur
Et j’oublie le vrai cœur
Je brûle je froid
Mais quoi ?
Non et non
Pas bon pas bon
Le cœur s’endort
Dort et remords
Comme un chien affamé
Au souvenir noyé

6

 

À des millions d’années lumières
De ton cœur sulfuré
Mes bras boursouflés
Esquissent un piteux vol en l’air
Mais le souffle manque
Mais le cœur se dérobe
Mais le souffle manque
Et le cœur d’ennui s’enrobe
Délicieuse douleur
Châtiment divin
Mais je veux tout à l’heure
Désirer le cœur enfantin
Douce douce comète
Viens écraser ta tête

 

Viens chanter en fête
Viens exploser ma tête
Rien non rien ne vient
Le remords me mord
Au cœur écœurant où rien
Ne vient à se livrer au corps

7

 

Le cœur en proie
À un animal furieux
S’ébat se bat
Mais rien de sérieux
Le cœur a froid
Et l’animal curieux
Se bat et s’en va
En vol furieux
Rien non rien n’est là
Mais où donc alors ?
Là là là-bas
Où donc est cet appât
Ce cœur sans vie et sans mort
Qui gisait en bas ?

8

 

Les étoiles au ciel
Pleurent leur fiel
Et mon cœur suicide
En ressent l’acide
Où donc êtes-vous
Sentiments de fouis ?
Je cours à tout hasard
Rien non rien que l’art
Hugo perfide et savant
Chante nous comme avant
Tes odes à la vie
Et oublie la vie
Nerval furieux et génial
Chante nous comme idéal
Tes odes au souvenir
Et oublie de mourir
Non rien à faire
Ils s’en vont se taire
Dans un tombeau froid
Où la chaleur est émoi

9

 

Des regards par milliers
Balles de mitraillette
Bombardent ce familier
Paysage en miettes
Le serpent de fer
Prison sans barrières
Fend de son long l’air
Et me convulse l’artère
Emplie de sang
Qui va vomissant
Dans l’air putride
Une haleine acide

10

 

Le sang coule et j’ai peur
De ne pas saigner
Le sang coule et le cœurst prêt à crier
Crier en gros bouillons
Sa haine sanglante
La bouche en bouchon
ÉÉÉclateilarante
Et verse sur ton visage
Ma vie ma mort
Je t’aime doux rivage
Je t’aime de mille morts
Ecoute mes sanglots
La MARe de serpents joyeux
Siffle son haL
èiNE en lots
Grossiers et poussiéreux
Avale ma bave
Elle est délicieuse
Pardon ma brave
Je t’aime en amoureuse

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13 novembre 2009

Le silence de la m...

Nous nous sommes tus
parce que nous n'entendions plus
nos coeurs battre

Nous nous sommes tus
parce que la parole éteinte
est devenue nécessaire

Nous nous sommes tus
pour nous retrouver un peu
avant de nous perdre tout à fait

Nous nous sommes tus
et le souffle court
des cris
Nous nous sommes tu...és.

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06 novembre 2009

Nietzshe, l'amour de la vérité

J'ai connu Nietzsche en seconde. J'avais une dissert à faire sur la morale et sa valeur chez les libertins (ma prof de l'époque était un peu déjantée et j'aimais ça). Je vois donc dans un rayon du CDI : "Généalogie de la morale".
Je le prends, je lis quelques pages, et c'est tout de suite le coup de foudre !
Voici ce que j'ai lu et qui reste pour moi un des principes les plus importants de la route vers la vérité ou les vérités (je ne suis pas dogmatique, c'est contre-productif en cette matière).
L'avant propos est excellent, je conseille à tous de le lire. Mais je vous livre ici le chapitre 1 de la première dissertation "Bien et mal, Bon et mauvais" :

"Ces psychologues anglais [sans doute Locke et Hume] à qui nous sommes redevables des seules tentatives faites jusqu'à présent pour constituer une histoire des origines de la morale - nous présentent en leur personne une énigmes qui n'est pas à dédaigner ; j'avoue que, par cela même, ils sont sur leurs livres un avantage capital - ils sont eux-mêmes intéressants ! Ces psychologues anglais, que veulent-ils en somme ? On les trouve toujours, que ce soit volontairement ou involontairement, occupés à la même besogne, c'est-à-dire à mettre en évidence la partie honteuse de notre monde intérieur et à chercher le principe actif, conducteur, décisif au point de vue de l'évolution, précisément là où l'orgueil intellectuel de l'homme tiendrait le moins à le trouver (par exemple dans la vis inertiae de l'habitude, ou bien dans la faculté d'oubli, ou encore dans un enchevêtrement et un engrenage aveugle et fortuit d'idées, ou enfin dans je ne sais quoi de purement passif, d'automatique, de réflexe, de moléculaire et de foncièrement stupide) - qu'est-ce donc au juste qui pousse  toujours les psychologues dans cette direction ? Serait-ce quelque instinct secret et bassement perfide de rapetisser l'homme, instinct qui n'osa peut-être pas s'armer lui-même ? Ou serait-ce, par hasard, un soupçon pessimiste, la méfiance de l'idéalisme désilusionné et assombri, devenu tout fiel et venin ? Ou bien un petite hostilité souterraine contre le christianisme (et Platon), une rancune qui peut-être n'a pas encore passé le seuil de la conscience ? Ou bien encore un goût pervers pour les bizarreries, les paradoxes douloureux, les incertitudes et les absurdités de l'existence ? Ou enfin - un peu de tout cela, un peu de vilenie, un peut d'amertume, un peut d'antichristianisme, un peu de besoin d'être émoustillé et de goût pour le poivre ?... Mais on m'assure que ce sont tout simplement de vieilles grenouilles visqueuses et importunes qui rampent et sautillent autour de l'homme, qui s'ébattent même dans son sein comme si elles étaient là dans leur élément, c'est-à-dire dans un bourbier. Je m'élève contre cette idée avec dégoût, je lui refuse même toute créance ; et s'il est permis d'émettre un  voeu, lorsqu'on ne peut savoir, je souhaite de tout coeur qu'en ce qui les concerne ce soit tout le contraire, - que ces chercheurs qui étudient l'âme au microscope soient au fond des créatures vaillantes, généreuses et fières, sachant tenir en bride leur coeur comme leur rancoeur et ayant appris à sacrifier leur désirs à la vérité, à toute vérité, même à la vérité simple, âpre, laide, répugnante, antichrétienne et immorale... Car de telles vérités existent."

La généalogie de la morale, Nietzsche, trad. Henri Albert


"Car de telles vérités existent." Voilà ce qui m'a fait dire un jour, je préfère la vérité à la beauté. J'ai un peu changé, un peu faibli, mais je garde le cap...

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