Pensées en bric à vrac

Des pensées écloses au sein de la nuit. Quelques poèmes épars. Un soupçon de philosophie et de littérature pour éclairer l'âme. Juste un terrien qui se donne à voir et à penser.

14 décembre 2009

Paroles, musique, interprétation, clip : de la pure harmonie !


Vanessa Paradis - Il Y A (NEW)
par wonderful-life1989

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06 novembre 2009

Nietzshe, l'amour de la vérité

J'ai connu Nietzsche en seconde. J'avais une dissert à faire sur la morale et sa valeur chez les libertins (ma prof de l'époque était un peu déjantée et j'aimais ça). Je vois donc dans un rayon du CDI : "Généalogie de la morale".
Je le prends, je lis quelques pages, et c'est tout de suite le coup de foudre !
Voici ce que j'ai lu et qui reste pour moi un des principes les plus importants de la route vers la vérité ou les vérités (je ne suis pas dogmatique, c'est contre-productif en cette matière).
L'avant propos est excellent, je conseille à tous de le lire. Mais je vous livre ici le chapitre 1 de la première dissertation "Bien et mal, Bon et mauvais" :

"Ces psychologues anglais [sans doute Locke et Hume] à qui nous sommes redevables des seules tentatives faites jusqu'à présent pour constituer une histoire des origines de la morale - nous présentent en leur personne une énigmes qui n'est pas à dédaigner ; j'avoue que, par cela même, ils sont sur leurs livres un avantage capital - ils sont eux-mêmes intéressants ! Ces psychologues anglais, que veulent-ils en somme ? On les trouve toujours, que ce soit volontairement ou involontairement, occupés à la même besogne, c'est-à-dire à mettre en évidence la partie honteuse de notre monde intérieur et à chercher le principe actif, conducteur, décisif au point de vue de l'évolution, précisément là où l'orgueil intellectuel de l'homme tiendrait le moins à le trouver (par exemple dans la vis inertiae de l'habitude, ou bien dans la faculté d'oubli, ou encore dans un enchevêtrement et un engrenage aveugle et fortuit d'idées, ou enfin dans je ne sais quoi de purement passif, d'automatique, de réflexe, de moléculaire et de foncièrement stupide) - qu'est-ce donc au juste qui pousse  toujours les psychologues dans cette direction ? Serait-ce quelque instinct secret et bassement perfide de rapetisser l'homme, instinct qui n'osa peut-être pas s'armer lui-même ? Ou serait-ce, par hasard, un soupçon pessimiste, la méfiance de l'idéalisme désilusionné et assombri, devenu tout fiel et venin ? Ou bien un petite hostilité souterraine contre le christianisme (et Platon), une rancune qui peut-être n'a pas encore passé le seuil de la conscience ? Ou bien encore un goût pervers pour les bizarreries, les paradoxes douloureux, les incertitudes et les absurdités de l'existence ? Ou enfin - un peu de tout cela, un peu de vilenie, un peut d'amertume, un peut d'antichristianisme, un peu de besoin d'être émoustillé et de goût pour le poivre ?... Mais on m'assure que ce sont tout simplement de vieilles grenouilles visqueuses et importunes qui rampent et sautillent autour de l'homme, qui s'ébattent même dans son sein comme si elles étaient là dans leur élément, c'est-à-dire dans un bourbier. Je m'élève contre cette idée avec dégoût, je lui refuse même toute créance ; et s'il est permis d'émettre un  voeu, lorsqu'on ne peut savoir, je souhaite de tout coeur qu'en ce qui les concerne ce soit tout le contraire, - que ces chercheurs qui étudient l'âme au microscope soient au fond des créatures vaillantes, généreuses et fières, sachant tenir en bride leur coeur comme leur rancoeur et ayant appris à sacrifier leur désirs à la vérité, à toute vérité, même à la vérité simple, âpre, laide, répugnante, antichrétienne et immorale... Car de telles vérités existent."

La généalogie de la morale, Nietzsche, trad. Henri Albert


"Car de telles vérités existent." Voilà ce qui m'a fait dire un jour, je préfère la vérité à la beauté. J'ai un peu changé, un peu faibli, mais je garde le cap...

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03 octobre 2009

Sartre

Je viens de finir L'age de raison, 1er tome des Chemins de la liberté de Sartre.
C'est étrange comme ce genre de roman métaphysique me capture l'esprit. Je crois que je ne me suis jamais remis de La nausée.
Sartre est un des rares philosophes dont je peux lire  les livres d'un trait avec une gloutonerie féroce. J'ai l'impression d'être emporté par sa dialectique incisive. Un peu comme si, à la semblance de ce pauvre Mathieu, je me flagelais artificiellement en me traitant de salaud sans y croire vraiment.
Oui, dans le fond, je me sens bien dans la philosophie de Sartre. Sa lucidité m'élève comme une prière peut élever un croyant. Et pourtant je préfère mille fois Camus à lui pour ce qui est du sens de l'histoire. C'est facile de dire ça maintenant que tant d'intellectuels ont vu le potentiel de Camus face au grand Sartre.
En fait, Sartre m'enthousiasme, plus brutalement que Nietzsche, il me mène sur un chemin dont j'ai l'impression qu'il va bien avec l'allure de mon corps. Il n'y a pas à le nier, j'aime Sartre comme Hölderlin a pu aimer Empédocle ou Homère pour sa création : Achille. Et l'image d'Empédocle, c'est un esprit qui ne se suffit pas d'être esprit pour un temps limité. Il veut se justifier, se nécessiter pour devenir éternel. Quitte, pour cela, à se jeter dans la mort grande ouverte d'un volcan ou dans une liberté forcenée.
A l'image d'Homère également, c'est un créateur de vie juvénile, adolescente, pure et belle parce que lui-même ne fut rien de cela (physiquement du moins).
Et toujours cette vision achilique de l'amour à trois (l'inconnu, l'intrus). Deux hommes pour une femme ou deux femmes pour un homme. Le plus souvent l'inversion : Daniel dans L'age de raison, Inès dans Huis-clos, Patrocle pour Achille, donne un sens vrai à l'amour en l'obligeant à souffrir pour mieux se sentir. Parce que l'amour tranquille est rarement ressenti comme un réel amour, tout juste un frisson, une certaine manière qu'ont les choses d'exister qui les font lourdes ou légères, dures ou molles, juste une présence en fin de compte.
Mais l'amour à trois est un leurre dans la réalité ordinaire, l'amour est à deux ou il n'est pas. Vous allez me dire que je fais mon moralisateur, et pourtant je suis loin, très loin de toute morale. Le tiers, l'inconnu n'est souvent qu'un prétexte pour masquer ses propres craintes. L'amour n'a pas vraiment le choix, il se pose là où le désir est le plus fort : ici la liberté Sartrienne n'a pas son mot à dire et ça l'a bouffé, j'en suis sûr, ce pauvre vieux Jean-Paul. Mais le tiers est bien là, malgré tout, comme une excuse à notre défaut de courage, à notre peur de nous engager dans l'amour vrai : difficile, douloureux et pas seulement reposant et joyeux.

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05 septembre 2009

AlJarreau-Michel Petrucianni (version complète)

Pour ceux qui aiment cet artiste, voici un lien vers les vidéos de son passage à Taratata en 1994 :

http://www.mytaratata.com/Pages/ARTISTES_Fiche.aspx?ArtistId=849

http://www.mytaratata.com/Pages/ARTISTES_Fiche.aspx?ArtistId=988

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30 août 2009

Lolita et la quiétude

C'est drôle, j'ai l'impression d'être quiet, rassuré. Pas besoin d'amour ni d'homme ni de femme. Je me sens rassuré. Cela me plaît, et en même temps j'ai l'impression d'être mort.
J'ai visionné hier Lolita, le film tiré du roman de Nabokov. C'est tout simplement pathétique. Un quadragénaire amoureux d'une fille de 13 ans. C'est bizarre, surtout, un peu comme si les phantasmes, qui ne doivent rester que phantasmes, devenaient réalité. Contre le principe freudien du plaisir et de la réalité. C'est dégoûtant et à la fois curieux, un peu comme si dans cette réalité phantasmatique, se révélait un visage de l'homme commun.
Mais dans cette fiction, du côté de Lolita, tout est affaire d'argent ou cela le devient. Lolita est une putain qui se fait payer les grâces qu'elle donne. Et puis, en échange de 4000$, l'homme ne veut plus qu'on la touche. Je crois, j'en suis sûr, je suis de ces hommes qui auraient fait ce geste dès le premier instant et puis, et puis j'aurais disparu, parce qu'un monstre n'a qu'une solution : disparaître.
"Mesdames et messieurs les jurés, je ne regrette rien et ne veux être coupable de rien."
C'est gentil, la quiétude, mais je ne me plais pas là-dedans. S'il me faut inventer une vie, je l'inventerai turbulente et pleine de souffrance juste pour pouvoir y résister.
Nabokov, je me demande comment il a pu inventer une histoire pareille, si pathétique, si près de l'homme, le mâle impuissant (châtré à son adolescence), ne trouvant sa jouissance que dans le sexe pubère. Le sexe, le roi du monde, et le démon de tous ceux qui ne l'ont pas assouvi.

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13 août 2009

Proust de Beckett suite et fin

Proust_Beckett

Je viens tout juste de finir le Proust de Beckett. Je n'ai pas l'érudition de ce dernier, mais il me semble que nous avons des points communs dans notre compréhension de La Recherche du temps perdu.
Bien entendu, je n'aurais jamais su dire cela en mots. Mais les auteurs que lie Beckett à Proust sont ceux-là mêmes qui me sont apparus.
Dostoïevski, d'abord que j'avais beaucoup visité avant La Recherche, Dante et sa Divine comédie que j'ai lu en même temps que La prisonnière, Schopenhauer enfin dont Le monde comme  volonté et comme représentation éclaire et est éclairci par la Recherche.
Ne reste que Madame de Sévigné à laquelle je suis allergique et D'Anunzio que je ne connais pas du tout qui semblent très importants pour Beckett, mais qu'il me reste à découvrir ou à vaincre.
En tous les cas, pour tous ceux qui veulent apprécier Proust, je crois qu'il faut partir d'un de ses principes, et ne lire que ce qui impressionne le coeur, ce qui lui donne l'étrange sensation de battre comme la musique, dans un temps sans espace pour devenir par le même coup, la musique même, un sujet pur.

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07 août 2009

Proust de Beckett

Je lis Proust de Samuel Beckett, et j'essaie de prendre des notes de ce que je comprends. Car l'écriture de Beckett, dès le départ, me semble une énigme à résoudre.
Pour le moment, voici une citation tellement proustienne qu'il ne faut pas la râter.
"Même dans le cas où, par un de ces rares miracles de la coïncidence qui survient lorsque le calendrier des faits se déroule parallèlement au calendrier des sentiments, l'accomplissement a lieu et où l'objet du désir (au sens strict de cette maladie) est atteint par le sujet, alors la conformité est si parfaite, l'instant de l'accomplissement annule et remplace si exactement l'instant du désir, que l'évèvenement accompli semble avoir été inévitable, et, comme tout effort intellectuel conscient visant alors à reconstituer la réalité de l'invisible et de l'impensable demeure vain, nous ne pouvons savourer notre joie puisque nous ne pouvons la comparer à notre chagrin." pp. 24-25

N'est-ce pas fantastique ?

Voilà une pensée à laquelle j'adhère :

"Quelle que soit l'idée que chacun aime à se faire de la mort, une chose est sûre : cette opinion n'a aucune valeur, aucun sens ; la mort ne nous a pas fixé un rendez-vous un jour précis."p. 27

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25 juillet 2009

Juste pour le fun

Un ange est venu me rendre visite
et m'a laissé en gage
un coeur confiant
et plein d'espoir.

Juste cela,
rien de plus.

Je suis heureux...

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24 juillet 2009

Le rêve et Bukowski

Le rêve. J'ai longtemps cru qu'il était ailleurs, là où je n'étais pas. Comme Bukowski, je vais tenter de dire "je" au lieu de "nous" ou pire "on".
Le rêve est ici, il est là où je suis. Comment pourrait-il être ailleurs puisque je n'y suis pas et n'y serai jamais. Le rêve, c'est moi. Je ne crois pas que le rêve me fasse, ni qu'il me refasse, comme le corps se refait, cellule après cellule, ou une mémoire qui se remémorerait pour ne pas s'oublier. Bukowski a aussi parler de piège, je crois, dans un journal hillarant qui a pour titre Le capitaine est parti déjeuner et les marins ont pris le bateau. L'écrivant, je dis écrivant comme certains disent analysant, se prend assez vite à des pièges comme d'essayer de penser les choses en dehors de soi. Pourtant, même les ennemis du subjectivismes, les rationalistes comme ils se nomment parfois, ne peuvent penser en dehors du soi.
Je sais, je me suis pris à un autre piège, celui de la digression qui, à moins d'être Proust n'aboutira à rien de bon. Mais la digression est finie et je reviens au rêve que je suis.
Le rêve que je suis n'est pas fait que de nuit, mais la nuit remplit les trois quarts de mon vivant. C'est là où j'écris, là où je lis, là où j'aime, là où j'espère, là où je désespère, enfin, là où je vis.
Je ne suis pas assez direct, je ne dis pas les choses comme je les ressens. C'est cette foutue plongée dans le cognitivisme qui m'a restructuré. Il s'agit bien de structuralisme, là, il suffit de s'immerger un instant dans un système de pensée pour que tout change. C'est après ça que je comprends mieux pourquoi l'homme a cette faculté unique de faire le monde plus qu'il ne le fait.
Bon, le rêve maintenant. Il faut que j'en parle. Mais parler de lui ou de moi, c'est la même chose. Je n'est pas un autre, je est un rêve. Il est là, flou et précis, intangible et solide, inaltérable et évanescent, certain et imaginaire, ni être ni néant, ni passé ni futur. Plus invisible que l'air, plus nécessaire aussi. Il est moi, ni dedans ni dehors, une fine pellicule entre mon corps et celui des autres, entre mon regard et ce que je regarde. Il est moi, il n'est pas en soi. Comme la conscience, comme moi, il est vide, il est tout entier dans ce qu'il rêve. S'il fallait lui prêter une fonction biologique, je lui donnerai celle de la peau. Un échangeur, un régulateur, un homéostateur, un protecteur et un metteur à nu, une brèche et un rempart. Il se révèle à soi-même et, comme un secret, je risque de ne pas le garder, et le donnant aux autres, me donnant aux autres, soit je me délivre, soit, comme à la bataille, je me livre.

En farfouillant un peu, j'ai retrouvé le journal de Bukowski et j'y lis ceci : "Je n'agis pas sur le monde, je ne fais que le subir." C'est encore le rêve peut-être quand je dis que je fais le monde plus qu'il ne me fait. A moins que le "je" et l'homme soient d'une espèce, d'une famille, d'un ordre très différent. Je vous ai prévenu, je n'emploie que le "je", pas le "nous" et encore moins le "on".

Bon Dieu, ça n'a rien à voir, mais il faut que je vous livre cette phrase, ce paragraphe pour être précis, de Bukowski. Je précise qu'il raconte une de ses altercations avec les services de l'ordre, rien de bien méchant, mais régulier.
"Pour étrange que cela soit, leur présence ne me faisait ni chaud ni froid. Petite précision, mon comportement n'était étrange qu'au regard de la règle commune, pas selon mes critères. Je ne voyais que leurs mains, leurs pieds et leurs visages. Ce qu'ils avaient derrière la tête, je m'en tamponnais. Je n'ai jamais placé mes espoirs dans la raison ou la justice."

Une autre perle de Bukowski : " A chaque fois que vous payez quelqu'un afin qu'il vous dicte votre conduite, vous vous condamnez à la défaite."

"Nous sommes fait de papier". J'aime de moins en moins le "nous" dans l'écriture, mais en ce qui me concerne, Bukowski a raison. Je suis de papier, comme le rêve que j'écris à petits pas, à petits mots. Ce rêve qui n'est que moi et que je tente d'accomplir avant qu'il ne m'accomplisse tout en sachant que, de toute manière, les résultats, moi, le rêve, seront identiques. Le rêve, moi, fonction, action, en cours, "sous le coude" comme disent les fonctionnaires, est peut-être, sera, toujours en mouvement, jamais statique, parce que l'arrêt, quoi qu'on dise, malgré Moïse, Jésus et Mohamed, l'Eden, le paradis, l'enfer, c'est la fin, le début de l'un, la fin du tout, le non-je, le non-rêve, le cauchemar. Enfin je crois...

Voilà une vérité de Bukowski que je fais mienne : "Reste l'autoroute que j'emprunte dans les deux sens. Autrement le moyen le plus radical de se rappeler comment fonctionnent les trois quarts de l'humanité. Qui ne sont guidés que par l'esprit de compétition. De sorte qu'à trop désirer votre perte, ils se condamnent à la défaite."

Dans le fonds, je ne vois qu'une chose à dire à propos du rêve : c'est la vie.

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15 mai 2009

Contrer Hadopi par l'humour_made in Libération.fr

Une modeste proposition : la riposte graduée pour l’écrit sur papier

                   

                      Dans un post satyrique, le professeur américain Ed W. Felten propose d’appliquer le système de la riposte graduée aux écrits sur papier. Traduction.                    

                   

par Ed W. Felten                    

  tags :  blog, riposte graduée , Loi "Création et Internet", HADOPI                                                                                          

                        

  Ed W. Felten est directeur du CITP (Center for Information Technology Policy) à l’université de Princeton (New Jersey) un centre trans-disciplinaire pour l’étude des technologies numériques dans la vie publique. Mercredi dernier, alors que les députés français venaient d’adopter, en seconde lecture, le projet de loi Création et Internet, il a publié, sur son blog, un post brillant et très drôle intitulé A Modest Proposal : Three-Strikes for Print.

Nous l’avons contacté afin de pouvoir le publier sur Ecrans. Avec son autorisation, en voici donc une adaptation et traduction, réalisée par Philippe Aigrain, et sous licence CC 2.0.

Une modeste proposition : la riposte graduée pour l’écrit sur papier

Le Parlement Français a adopté hier une loi créant un système de riposte graduée en 3 étapes aboutissant à exclure de l’internet ceux qui sont accusés d’avoir commis ou laissé se commettre trois fois une violation du droit d’auteur.

Cette idée est si bonne qu’elle mérite d’être appliquée également à d’autres médias. Voici donc une modeste proposition d’extension de la riposte graduée aux écrits sur papier.

Le système proposé est la simplicité même. Le gouvernement mettra en place un registre des auteurs ou complices de contrefaçons. Chacun pourra adresser une plainte aux gestionnaires du registre, affirmant que quelqu’un viole leur droit d’auteur sur un texte écrit. Si le registre gouvernemental reçoit trois plaintes concernant la même personne ; cette personne sera bannie pendant un an de l’usage de l’écrit.

Comme dans le cas de l’internet, le bannissement s’appliquera à la fois à la lecture et à l’écriture, y compris celles qui sont de nature informelle : une personne bannie ne pourra plus rien écrire ou lire pendant un an.

Quelques opposants systématiques prétendront peut-être que le bannissement de l’écrit physique sera difficile à mettre en œuvre et que l’exclusion de toute communication écrite sur la base de simples accusations pose quelques problèmes mineurs en matière de procédure équitable et de liberté d’expression. Mais si ces questions ne nous arrêtent pas dans l’univers de l’internet, pourquoi devraient-elles bloquer notre proposition ?

Bien sûr, s’ils sont bannis de l’écrit, quelques élèves se trouveront dans l’impossibilité de faire leur travail scolaire, quelques adultes éprouveront certaines difficultés dans leur vie quotidienne et divers perturbateurs ne seront plus autorisés à participer au débat politique ou même à le suivre. Cela les fera peut-être réfléchir la prochaine fois qu’ils s’apprêteront à commettre ou à laisser se produire une contrefaçon du droit d’auteur.

En bref, la riposte graduée est une idée tout aussi bonne pour l’écrit sur papier que pour l’internet. Quel sera donc le premier pays à l’adopter ?

Lorsque la riposte graduée sera en place pour l’écrit sur papier, nous pourrons l’appliquer à d’autres médias en créant une riposte graduée pour les ondes sonores et pour les ondes lumineuses. Ces médias sont trop importants pour qu’on les laisse sans protection.

Par Ed W. Felten, le 13/05/2009.
Traduction : Philippe Aigrain
Licence du texte original : CC 3.0

Licence de la traduction : CC 2.0

                        
                     

                                              

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