30 novembre 2009
Le délire amoureux d'un week-end haineux 5/5
41
Rimbaud
se trémousse
Joyeusement en enfer
Il se délecte
De sa
souffrance
Il la connait lui
Ou la croit connaître
Cette
délicieuse douleur
Qui lui brûle le cœur
Moi je grille
Sur
le sol enférique
Mais je ne ressens rien
De ce qu’il
peint
Poing marteau écrase
Mon cerveau en confiture
Le sang
gicle de partout
Mais je ne sang rien
Est-ce imaginaire ?
Je
ne puis le croire
Es-tu mas lumière
Qui peut savoir ?
42
Un
soleil au ciel
Crie sa lumière
Un soleil au ciel
Brûle en
prière
Je suis qui j’étais
Un pestiféré
Le monde a
décidé
D’oublier l’été
J’ai décidé
D’oublier
qui j’étais
J’ai aidé
À brûler l’été
Brasier
incendiaire
L’amour douleur
Devient lumière
Si tu vois ma
couleur
43
Le
remords retord
En doux désaccords
Mes fainéants efforts
À
la mort
La
mort remords
À cet hideux houx de corps
Mon néant sort
À
la mort
44
J’aime
Est-ce
si difficile à croire
J’aime
Est-ce si difficile à
voir
J’aime
Est-ce si ignoble à montrer
J’aime
Est-ce
si ignoble d’espérer
J’aime
Est-ce si
fantastique
J’aime
Est-ce si lubrique
J’aime
Est-ce
si rassurant
J’aime
Est-ce au fond si j’aime ?
45
Je
cours
Où cours-je
Je hais
Qu’ai-je
Rien sans
doute
Qu’un misérable
Emblème de la mort
Qui repose sur
mon front
Le drapeau dantesque
Brûle ma cervelle
De ses
ténèbres
Chatoyantes.
46
Une
scie frotte
Une vie trotte
Et coupe ce cloporte
Jeté à la
porte
De la maison
Du doux cœur
Je croque le poison
Avec
ardeur
Mais la douleur
Je ne la sens
Qu’en imaginaire
Et
le sang
Coule à flot
Du cœur explosé
Du cœur matelot
Il
faut oser
47
La
page d’écriture
Que m’a donné Prévert
Je la mets aux
ordures
Et je joue le pervers
Je tache de sang
Une candeur
innocente
Mais je suis impuissant
Devant l’âme
enflammante
Je cours je cris
Je ne veux écouter
Ce
battement impie
Qui perce a percé
Ma vie de mille morts
Je
hurle à la mort
Et c’est la vie qui sort
Doucement je
m’endors
48
Un
million d’étoiles
Tombent et voilent
Mes yeux qui
s’envolent
En un long langoureux vol
Un million de
baisers
Tombent et d’acier
Recouvrent mes ailes
Qui
frappent et s’entremêlent
Un million de regards
Me couvent
et je veux voir
Ton cœur battre de nouveau
Comme en ce jour si
beau
Un million de marteaux
Tombent et en seaux
d’eau
Réveillent l’âme
Qui s’emplit de larmes.
49
Quand
une lettre mots
Sur des lèvres bleues
Frappa à ma porte
J’ai
couru me défigurer
Et je l’ai regardée en face
Elle aussi
la langue sulfurée
S’était de nouveau maquillée
L’orage
cessa soudain
Mon cœur se tût
Fini l’amour qui de deux
matins
Me bouleversaient le sang
La pompe s’est
arrêtée
L’artère vidée
S’est cicatrisée
Mal ?
Je
sais !
Mais rien dans les yeux
De la belle
Rien de
merveilleux
Rien de Cybèle
Juste un adieu monsieur
Des
autres âges.
29 novembre 2009
Le délire amoureux d'un week-end haineux 4/5
31
Tâtant
ta tête
De ma plume
Je te découvre
Silencieuse
M’entêtant
en un je t’aime
Je délire déjà
Et je décide
Cette
sotte espérance
32
Un
cauchemar faisandé
Brûle en moi
J’ai peur
Non de la
douleur
Mais du plaisir
J’aime oui j’aime
Ces images
atroces
Qui me font jeter
Dans le feu de la violence
J’aime
Et
j’ai peur
d’aimer
Ma tête est folle
Folle de toi
De
ton image
Folle d’un soi
Sans visage
33
Un
tesson de bouteille
Frappe à la porte
J’ouvre et
m’émerveille
M’enivre sur la porte
Les bouteilles
dansent
Et l’alcool en délice
Coule et la somnolence
Me
frappe au supplice
L’acide remonte soudainement
Je dégorge
puante
Une bête de roman
Mais je t’aime acanthe !
34
J’ai
voulu caresser la bête
Et elle m’a saigné au cœur
Un
bombardement de mots
Traverse mon crâne
Je veux les maux
Que
subit l’âne
Comme disait le poète
« J’aime l’âne
si doux »
Mais sa charge s’entête
À me rendre
jaloux
Jaloux d’un poids qui succombe
Jaloux d’un poids
qu’il connait
Jaloux d’une tombe
Où j’entrerai comme
né
« J’aime l’âne si doux »
Et le hais tout
autant
Parce que sa souffrance vaut tout
Mais ne vaut rien
autant
Je souffre d’un rien
D’un imaginaire
Et la force
de ce gordien
Ensanglante ma colère
35
Fille
de feu
Nerval est amoureux
De tes cheveux
Et Baudelaire
envieux
La secoue au vent
Cette chevelure
Que je ne peux
Que
tacher d’ordures
Fille de feu
Le soleil joyeux
Brûle en
tes yeux
Et j’en suis amoureux
Je te secoue furieusement
En
le souvenir las
Et je vrais et je mens
Parce que tu es là
Fille
de feu
L’enfer sourcilleux
Du haut château lépreux
Déploie
son regard douloureux
36
Je
marche dans les pas
D’un vieux conte qui rêve
Je suis j’en
suis las
Mais aucune aucune trêve
Le jardin s’englue
Dans
la poussière du passé
Mais je t’aime et je mue
Le souvenir
en projet
Et le rêve est promu
Au statut nuagé
Les
barrières du ciel
Recouvrent mon âme
Mais au-delà du fiel
Il y a la chaude
larme
Que versa mon cœur au ciel
Quand une bise attisa la
flamme !
37
Des
yeux dans le ciel
Volent et je sais
Que ce sont les tiens
Des
yeux dans le ciel
Voguent et je hais
Leur cœur trop plein
Des
yeux dans le ciel
Voyagent et tu sais
Ce qu’ils regardent au
loin
Des yeux dans le ciel
Volent ce que tu ne sais
Mon cœur
en a soin
Des yeux dans le ciel
Qui voguent dans ma
tête
Oublieuse de bien des biens.
38
Quand
le matin est noir
Et que la nuit tarde
À se coucher
La lune
blême
Vêtue de son seul voile
De ténèbres
Brille et son
sourire
Nargue la lumière
C’est en ces temps
Que je
rêve
d'Un soir
Où sans façon
Tu me prêtas
Pour un
moment
Éternité
Ton sourire comme regard
39
Portant
le regard au loin
La vitre est opaque
Pourtant le regard au
loin
Il s’en vient et se plaque
À la surface de ton
visage
Je rêve mais je te vois
Et cela m’est égale
Je
rêve mais je te voix
À travers ces vers
Entrecoupés de
mille
Miasmes morbides
Où la vie est encore !
40
Ce
matin pointe ses rayons
Dans le ciel voilé
Les maisons
apparaissent
Dans la nuée
Et mon visage
disparaît
Pourtant
Toujours présent
Ton rêve me hante
le
cœur
Des formes indécises
Se transforment
En monts
boisés
Ou en villes et villages
Et mon être
disparaît
Pourtant
Toujours présent
le cœur
bat
bat bat bat bat bat
bat bat bat bat
bat bat
bat
23 novembre 2009
Le délire amoureux d'un week-end haineux 3/5
21
Quand
je t’ai regardé
Mes yeux dans tes yeux
Quand je t’ai
regardé
Au-dessus d’un sujet sérieux
J’ai failli
éclater
De rire
J’ai failli éclater
De souffrir
Des
larmes invisibles
Ont recouvert mes joues
Des larmes
invisibles
M’ont rendu fou
Fou de toi mon ange
Au cœur au
chaud sang
Mon sang se versa
Comme dans une coupe
Mon sang
se versa
Et déborda de ta coupe
22
Lorsque
j’ai vu
Des yeux au ciel
Ce visage d’ange
Et ce sourire
aux lèvres
J’ai pris la fuite
Mon cœur se battit
Mais
l’esprit sournois
Étouffa d’une main
Son cri inhumain
Ce
cri je le cris
Sur cette feuille sale
Je jette mes mots
Dans
la boue
Parce que ton cœur
Est trop propre
Pour les
recevoir
Je t’aime et c’est tout
Suis-je donc fou ?
23
Des
cris par millions
M’envahissent
Mon cœur en sillons
Laboure
le vice
Je cris au fond de l’âme
Je cris et je n’écoute
Tes
reproches en flamme
Qui tombent goutte à goutte
Je t’aime le
comprends-tu
Je t’aime et jamais
À te le dire je me
tue
Jamais je ne te le dirai !
24
Le
temps s’allonge
Les heures durent
Et mon
mensonge
Douloureusement perdure
Je ne sais que dire
Sinon
que souffrir
Ce n’est pas en martyr
Je dois me punir
Arbre
folie
Grandit au cœur
Et ma vie
Je deviens songeur
Rien
non rien encore
Au bout de l’horizon
Un mot et
l’essor
Brûlera la prison
Mais rien encore
Aucun
effort
Je m’endors
Au milieu de la mort.
25
Ah
mais dis moi
Diable enférique
Cries-tu l’émoi
Ou un
sourd sarcastique
Ah mais dis moi
Pauvre imbécile
Bats-tu
l’émoi
Ou cherches-tu ces îles
Ah mais dis moi
Vampire
vieillard
Suces-tu l’émoi
Ou craches-tu le dard
Ah mais
dis moi
Pauvre innocent
L’aimes-tu l’émoi
Ou aimes-tu
le sang
J’aime j’aime
Oublie moi
J’aime j’aime
Tu
es l’émoi
26
Un
battement funeste
Brûle mon cœur
Je cherche la peste
Je
cherche la douleur
Je veux sentir le mal
Je veux le voir
Le
bien est un vassal
Difficile à croire
Abats tes bras
En
marteaux cruels
Sur ce doux émoi
Ta vérité en fiel
Qui
sait ?
Peut-être ?
Qui sait ?
Vais-je
naître ?
L’indécision brûle
Au fond de moi-même
Je
suis incrédule
À ce doux je t’aime
27
Le
soleil au loin
Comme une orange amère
Oublie ses rayons
Dans
mes yeux qui brûlent
Un chant d’aurore
Transfigure le
ciel
C’est un chant d’oiseau
Où la pluie est
rayonnante
Une voix d’or
Éblouît mes oreilles
Je ferme
les yeux
Et mon cœur bat
Un visage en lumière
Transmue le
souvenir
Qui s’élève au présent
Comme un doux murmure
28
Je
love I aime
Les deux langues
S’engluent
Et ne savent
dire
Mes sentiments
Jamais le cœur
N’ouvrira ses
lèvres
Et sa voix en douleur
Ne pourra que pousser
Des
gargarismes sanglants
Que tu détesteras
Je t’aime et ça
suffit
29
J’aimerais
tant
Oh que j’aimerais
Triste sire que je suis
Voir tes
larmes fondre
Sur mon épaule basse
Épancher mon cœur
Sur
ton cœur
Épancher ma joie
Sur ton âme
Mais bon Dieu
pourquoi
La douce flamme
Crapuleuse infâme
Ne brûle en
même temps
En deux cœurs
Dieu je vous hais
Parce que je
l’aime
Et que je vous aime
Trop
30
Je
tape ma tête sur
Un cœur joyeux
Sans sentiments
J’écris
sur le cahier
Des mots barrés
Par la sagesse
Je hurle mais
rien
Rien de soudain
Ne vient chanter
À mon oreille
sourde
Qui veut quand même
Chanter l’émoi
Un baiser
chaud et froid
Mouille de sa larme
Mes lèvres bleues !!!
22 novembre 2009
Le délire amoureux d'un week-end haineux 1/5
Ecrits entre le 26/02/1994 et le 28/02/1994
Vieux et pourtant si jeune à mon coeur.
L'amitié a dépassé l'amour à sens unique et j'en suis heureux aujourd'hui. Mais le souvenir est là, et le temps ne l'éteindra jamais...
Je vous livre ce recueil par petit bout , il faut que je retravaille certaines fautes grossières.
1
Les
nerfs en suspens
Creusent le cœure cccœurs profond
Que l’âme
en chœur
Brûle sauvagement
J’ai un sentiment
De
plénitude
Et pourtant l’habitude
En soubresauts
identiques
Chante en moi
Un doux émoi
Et moi et moi
Comme
pourchassé par mille dards
Je dare-dare dramatise
Pourquoi me
dira l’humain
Kveutukjensach
Me dira le fou le génie ?
Non
le fou idiot réveil
Sonne veille et dort
Ké ké
késkeusé ?
Esjesémoi ?
2
Le
cœur muet s’étrangle
L’esprit sourd se tait
La langue
lourde s’abat
La parole s’ébat
Fini, fini
Hoy esta
aquì
Et le lendemain crève
Dans une saison
mouillée
Sèche
Secondes sèches
Brûle du soleil
Mes
yeux qui crient
À une voix sourde
Au milieu des éclats
3
Je
ne sais comment
Cher ange
Oublier la mésange
Voletant par
le firmament
De mes yeux
Regard et miroir
Sans le choix d’y
croire
M’ont rendu amoureux
De ta chevelure blonde
De tes
yeux voyageurs
Rien de nouveau au cœur
Tes griffes
s’inondent
Du sang chaud
De mon âme ouverte
À toi à
jamais offerte
Roi lys et l’échafaud
Mais je meurs
Avec
joie
Dans tes bras
Doux cœur
AIME ses lettres prénom
PAIX
soit en ton nom
À mon cœur pardon
Je le blesse pour un don
À
mon cœur pardon
C’est mon dernier don
L’arracher
Le
lécher
Et doucement
En tournoiement
Crier oser crier
La
vérité
Et le vent parsème
Mes mille je t’aime
Qui
s’implantent qui griffent
La terre et ses ifs
En arbres
gigantesques
Se ploient sous le romanesque
Adieu sagesse
Adieu
richesse
D’un savoir inconnu
Que j’ai voulu voir nu
Bonjour
ivresse
Bonjour rudesse
À jamais unis
À jamais punis
Pour
une jouissance
Qui surpasse la souffrance
4
Lettre à une jeune fille en fleur en pleurs
Le
mensonge a brûlé mes rêves depuis déjà cent ans
Je ne suis
qu’un misérable qui pleure
Sur la rive de l’amour
Je hais
j’ai haï et je m’en veux
Aujourd’hui je viens de voir dans
les cieux
Un horizon que sans doute je n’atteindrai
Qu’au
prix de ma mort
Mais je la donnerais volontiers si je
pouvais
Briser en un jour la mort de toute une vie
Chère douce
âme pourquoi es-tu venu te plonger
Dans mon âme à jamais
morte
Pourquoi doux ange es-tu venu briser en moi l’amour
Ces
milliers de flèches me percent le cœur et brûlent le sang
Enfin
oui enfin le sang trop longtemps contenu
Se rue dans la rue et
s’épanche
En un fleuve que rien ne tarira
Merci et maudite
sois tu jolie fille !
Merci et maudite sois tu jolie
fille !
Non non non non non non non
Ne cherche à savoir
qui est qui
Le je est un x inconnaissable
Merci et maudite sois
tu fille !
Je brise mes mille regards sur ton visage
Mais
je souris trop pour être sérieux
L’être est en l’être et
la philo m’emmerde
Je la déteste parce qu’elle m’a ouvert
les yeux
Laisse moi dormir Putain de Platon
Oublie moi comme je
t’oublie
Rien à faire je suis condamné et l’alcool faisandé
selon Greg
Oubli ses intestins venimeux dans ma bouche
Je
t’aime oui je t’aime enfin je l’ai dit
Ce mot barbare que le
temps a oublié
À Dieu maintenant de trancher la vie
L’amour
est une mort dont on se délecte
Merci et maudite sois tu pour
cette jouissance éternelle.
5
Chant
chant chant chant
J’en j’en j’en j’en
Ai marre
Et
marre de marre de marre
Couïc couac couoc
Encore voilà
ploc !
Non mon Dieu
Je veux l’heureux
Rien rien mon
vieux
Juste un souvenir frileux
Qui a peur de sa sœur
Et
j’oublie le vrai cœur
Je brûle je froid
Mais quoi ?
Non
et non
Pas bon pas bon
Le cœur s’endort
Dort et
remords
Comme un chien affamé
Au souvenir noyé
6
À
des millions d’années lumières
De ton cœur sulfuré
Mes
bras boursouflés
Esquissent un piteux vol en l’air
Mais le
souffle manque
Mais le cœur se dérobe
Mais le souffle
manque
Et le cœur d’ennui s’enrobe
Délicieuse
douleur
Châtiment divin
Mais je veux tout à l’heure
Désirer
le cœur enfantin
Douce douce comète
Viens écraser ta tête
Viens
chanter en fête
Viens exploser ma tête
Rien non rien ne
vient
Le remords me mord
Au cœur écœurant où rien
Ne
vient à se livrer au corps
7
Le
cœur en proie
À un animal furieux
S’ébat se bat
Mais
rien de sérieux
Le cœur a froid
Et l’animal curieux
Se
bat et s’en va
En vol furieux
Rien non rien n’est là
Mais
où donc alors ?
Là là là-bas
Où donc est cet appât
Ce
cœur sans vie et sans mort
Qui gisait en bas ?
8
Les
étoiles au ciel
Pleurent leur fiel
Et mon cœur suicide
En
ressent l’acide
Où donc êtes-vous
Sentiments de fouis ?
Je
cours à tout hasard
Rien non rien que l’art
Hugo perfide et
savant
Chante nous comme avant
Tes odes à la vie
Et oublie
la vie
Nerval furieux et génial
Chante nous comme idéal
Tes
odes au souvenir
Et oublie de mourir
Non rien à faire
Ils
s’en vont se taire
Dans un tombeau froid
Où la chaleur est
émoi
9
Des
regards par milliers
Balles de mitraillette
Bombardent ce
familier
Paysage en miettes
Le serpent de fer
Prison sans
barrières
Fend de son long l’air
Et me convulse
l’artère
Emplie de sang
Qui va vomissant
Dans l’air
putride
Une haleine acide
10
Le
sang coule et j’ai peur
De ne pas saigner
Le sang coule et le
cœurst prêt à crier
Crier en gros bouillons
Sa haine
sanglante
La bouche en bouchon
ÉÉÉclateilarante
Et verse
sur ton visage
Ma vie ma mort
Je t’aime doux rivage
Je
t’aime de mille morts
Ecoute mes sanglots
La MARe de serpents
joyeux
Siffle son haLèiNE
en lots
Grossiers et poussiéreux
Avale ma bave
Elle est
délicieuse
Pardon ma brave
Je t’aime en amoureuse
01 octobre 2009
Plus bas encore...
Une drôle de lumière scintille dans le ciel. C'est un avion qui passe avec un mec ou une bonne femme à son bord. Je me demande parfois ce qu'on peut voir de là-haut, ici-bas, la nuit.
Parallélépipède rectangle en guise
de toit
Des cheminées noires et des miroirs
tournant parfois
Clins d'œil à l'air que suffoquent
les vieux
D'autres miroirs plus bas
Lumière blafarde bleue de mort
Et vive d'éclats
Brisures de cœurs riant à s'en faire
péter le foi
Entre un joint piqué là
Et une bière pas franchement fraîche
Plus bas encore
Des soleils minuscules
Qui envoient leur taches noires
Illuminer le vestibules où se poudre
la gamine
Plus bas encore
Des éclairs blafards
Sortant d'un poste de télé
Qui guide l'émotion
Plus bas encore
Un néon en faillite
Bleu violet blanc vert
Signale l'univers
Plus bas encore
Du blanc lumineux
Des oiseaux amoureux
Juste un rideau cachant la misère
Plus bas encore
Le silence affreux
Un vieux véritable
Chiquant son mégot
Plus bas encore
Rien
L'avion est passé
Il ne va pas revenir en arrière.
28 septembre 2009
au bord de la vie je rêve...
Bon, on va passer à des choses plus ouvertes. J'ail l'impression qu'on bavarde dans un salon, là.
Il faut te remuer toi aussi !!!
Des morceaux de bravoure entre les dents écorchent le corps des passants
je danse fière et sobre parmi elles, parmi eux
si vides et si indifférents
Un coquelicot s'ouvre entre mes reins qui s'épuisent
et je danse toujours jusqu'au matin
dans les boîtes de nuits
Je rêve quand le jour m'apperçois dodelinante
au bord de la vie je rêve...
02 septembre 2009
Jeu avec Mallarmé - du Guignon au Moi gnon
Le Guignon
Au-dessus du bétail ahuri des humains
Bondissaient en clarté les sauvages crinières
Des mendieurs d’azur le pied dans nos chemins.
Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières
La flagellait de froid tel jusque dans la chair,
Qu’il y creusait aussi d’irritables ornières.
Toujours avec l’espoir de rencontrer la mer,
Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,
Mordant au citron d’or de l’idéal amer.
La plupart râla dans les défilés nocturnes,
S’enivrant du bonheur de voir couler son sang,
O Mort le seul baiser aux bouches taciturnes !
Leur défaite, c’est par un ange très puissant
Debout à l’horizon dans le nu de son glaive
Une pourpre se caille au sein reconnaissant.
Ils tètent la douleur comme ils tétaient le rêve
Et quand ils vont rythmant de pleurs voluptueux
Le peuple s’agenouille et leur mère se lève.
Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux ;
Mais traînent à leurs pas cent frères qu’on bafoue,
Dérisoires martyrs de hasards tortueux.
Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,
Ils mangent de la cendre avec le même amour,
Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.
Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour
La servile pitié des races à voix terne,
Égaux de Prométhée à qui manque un vautour !
Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne,
Ils courent sous le fouet d’un monarque rageur,
Le Guignon , dont le rire inouï les prosterne.
Amants, il saute en croupe à trois, le partageur !
Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare
Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.
Grâce à lui, si l’un souffle à son buccin bizarre,
Des enfants nous tordront en un rire obstiné
Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.
Grâce à lui, si l’une orne à point un sein fané
Par une rose qui nubile le rallume,
De la bave luira sur son bouquet damné.
Et ce squelette nain, coiffé d’un feutre à plume
Et botté, dont l’aisselle a pour poils vrais des vers,
Est pour eux l’infini de la vaste amertume.
Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,
Leur rapière grinçant suit le rayon de lune
Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.
Désolés sans l’orgueil qui sacre l’infortune,
Et tristes de venger leurs os de coups de bec,
Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.
Ils sont l’amusement des racleurs de rebec ,
Des marmots, des putains et de la vieille engeance
Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.
Les poëtes bons pour l’aumône ou la vengeance,
Ne connaissent le mal de ces dieux effacés,
Les disent ennuyeux et sans intelligence.
« Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,
« Comme un vierge cheval écume de tempête
« Plutôt que de partir en galops cuirassés.
« Nous soûlerons d’encens le vainqueur de la fête :
« Mais eux, pourquoi n’endosser pas, ces baladins,
« D’écarlate haillon hurlant que l’on s’arrête ! »
Quand en face tous leur ont craché les dédains,
Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,
Ces héros excédés de malaises badins
Vont ridiculement se pendre au réverbère.
Stéphane Mallarmé, mars 1862
***
Le Moi Gnon
Le rêve cuisant de leurs banals jours
Tapant sur le macadam leurs misères sourdes
Les fait fuir dans d'inénarrables amours.
Ainsi que Beckett et ses indicibles gourdes
Qui s'attachaient au graphème démoli,
Aux mots vains, nous pesons de nos phrases trop lourdes.
La plèbe et le riche n'ont que le dégueuli
Des grasses maladies, des cancers et des biles,
Des arthroses comme point seul qui les relie.
Dans le monde mercantile des imbéciles,
Le grand poète que fut Gérard de Nerval,
Le rêveur absolu promeut les versatiles !
Ce n'est qu'au regard de l'ébloui et vénal,
Sous l'oeil inquisiteur de la vieille ménagère
Que se fait âprement la loi du capital.
Sous l'oeil ouvert de la tranquille jardinière
Pousse le doux refrain sain des troubadours altiers
Que rien n'achète au sain de la sainte lumière.
Mais le coeur même poète des hommes fiers ;
Au-dessus du regain que le bon Giono loue,
Au-dessus de tout n'est qu'une pompe aspirant l'air.
Astreint à ce vieux métier qui veut qu'on joue,
Au-delà de notre amour pour le vieil Hugo,
Le moderne, à être l'inventeur de la roue.
Les roues qui n'ont rien de tantrique disent Go,
Disent allez ! à ces grandes maisons confortables,
Ces laids champs capturés comme en un jeu de Go !
Ah, les vagues ameres suent des connetables,
Des chefs d'armées aux revers poisseux de caviar
Et d'argent, font les Napoléons regrettables.
Les vagues, de celles qui nous portent, sucent nos liards !
N'étaient que ces riens, nous chanterions notre âme
Qui reste mais on l'enchaîne ainsi qu'un baniard.
L'âme rame, bat la chair pour en surgir la flamme,
On lui a dit, comm' ça que l'esprit allumé
Vit, par-delà l'effort, un corps pesé en gramme.
L'âme rame, danse dans un grand bal costumé
Où le loup est la robe griffée et soyeuse,
Le trois pièce cravaté au Dior parfumé.
Rien n'est plus de bon gré, le malgré l'engraisseuse
Chante là, au sein de notre coeur de poids lourd,
Au sein du cuir plié par-dessus la trotteuse.
Rien n'est plus de bon ton aussi au sein du sourd,
De l'inadaptable coeur qui mène la vie
Là où l'éconduit à jamais le social cours.
Lorsque le goût du prurit rend la gent ravie,
Lorsque la main veines rougies tombe ses doigts,
L'on peut être alors sûr, le moins devient la vie.
Tout autour l'audimat et la bourse sont rois,
Homme et femme, deux visages de la vie future
N'ont de vérité que le nom qui leur échouat.
Un nom découpé au hasard d'une lecture,
Un repos de neurones au sein des télés,
Une construction dont la mode est l'imposture.
"Réveille-toi donc de tous ces champs constellés,
"Apprends le doux plaisir à regarder la lune
"Au travers des bips par ton coeur seul martelés.
"Résoud cette équation sans inconnue aucune :
"L'enfant, l'homme ainsi que la femme, l'un des deux né,
"Au sein du sain dessein suit la bonne fortune !"
Au gré du cours sinueux de la destinée,
Accroché au bras coupé de la réussite,
L'on espère et l'on est obstiné
A croire que le mieux est celui qui vient vite.
Jeu avec Mallarmé - du Salut au coeur lu
Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.
Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers ;
Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut
Solitude, récif, étoile
À n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.
Stéphane Mallarmé, février 1893
***
Coeur lu
Viens, oh coeur lu, le vieux mât
Qui nous servait de canne à vivre ;
Telle une chanson belle à suivre
Condamne l'âme qui l'aimât.
Je t'ai suivie, et s'il t'aimât
Bien mieux, moi au-delà je livre
Au courant du sang qui m'ennivre
Le baiser que moi seul clamât ;
Et l'âme à son regret volage
Bientôt de la douleur soulage
A coup de sermon au Salut
Le coeur vain, rétif, aussi sage
Que le rocher sec du talus
Qui me servit de saint visage.
Jeu avec Mallarmé - de l'Azur à l'Errance
Un jour que je n'avais pas d'inspiration, j'ai lu quelques poèmes de Mallarmé, et j'ai joué avec, le résultat n'est pas formidable, mais j'aime bien. En premier le poème de Mallarmé, et en second, le mien.
L'Azur
De l’éternel azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie.
À travers un désert stérile de Douleur
Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?
Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux !
Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.
Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !
― Le Ciel est mort. ― Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,
Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur...
En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus !
Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !
Stéphane Mallarmé
***
à Mallarmé et Géraldine B.
L'Errance
De la nubile errance l'âme rajeunie
S'abat, reine de qui tout puise le bonheur,
Comme miettes précoces aliment au fournil
Brûlant la propice paresse et la tiédeur.
Veillant, l'oeil inanimé, le coeur est à la garde
Avec à la veine un rasoir protubérant,
Et voit et vit. Que vivre ? De quel hallebarde
Trancher, berger, le mouton en moi abherant ?
Angoisses venez ! Saturez mes vieux sonotones
De vos bruits dont les désaccords capricieux
Grincent les oreilles et combien même aphones
Hurlez en mon coeur vos cris sourds et silencieux !
Et toi, oubli, ô oublis et mets à ta place
Un tout petit souffle de vent peint au fuseau,
Cher oubli, afin que de guerre jamais lasse
Ma main caresse le remors et le roseau.
Alors ! que la vieille nuit vienne inanimée
Mourir, et que la cheminée en ses tisons
Y brûle le dernier soupir de mon aimée
Qui sut me libérer de toutes mes prisons !
- Le ciel est mort. - Vers toi j'accours ! viens, ô lumière,
L'oubli de l'indifférence est tout ce qui nait
En ce lit qu'emplissent les amours grossières
Qui vident les jours moins vite que les années,
Et je veux, puisque mon âme est tarrie, d'un dé
Lancé à la face de tous les anciens murs,
Rejouer cette âme que la vie a vidé,
Casser le destin comme on casse un fémur...
En vain ! L'Errance est là, et je la sens qui hante
Mon destin. Mon coeur, tu te fais lassant et nu
Dedans ces belles et longues rues commerçantes,
Tu trottes tant que tu deviens las et tu pues !
Tu vagues et divagues, l'amour est une herse
Pendue à ton âme que mue l'impertinence ;
Mais que faire quand la réalité s'averse ?
Je suis damné ! L'Errance, L'Errance, L'Errance, L'Errance !
30 août 2009
Exercice de style - voyelles - juste pour rire

Une belle de coeur en le beffroi entra
Lorsque je me sentis froid et paria
Elle me tendit une bouche que mon coeur serra
Pour ne plus quitter ni celui-ci ni celle-là
Au bal qu'on donna à la lune l'un
Arriva l'instant où l'une
Au bord d'un mont qu'on dira dune
Disait son amour à l'une
Disait son amour à la fortune
La fortune menant au beffroi
La belle qu'y enferma la loi
D'un amour qu'elle eut pour moi
Un jour qu'en le très haut j'eus foi
Il se passa du temps entre le bal brasero
Et l'instant qui la fit Io
Qui me fit Zeus pour engendrer Caliméro
Cet enfant au chef permanent O
Que j'aimais serrer à l'heure du capuccino
Je l'aimais, elle, et Caliméro itou
La femme et l'oisillon serrant mon cou
Je l'aimais et son moindre bisou
Etait le grand rêve rêvé par le fou
Moi, l'insensé, je les ai accroché au clou.
